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Guerre de tranchées au FLN



Guerre de tranchées au FLN
La bataille qui se joue actuellement au FLN porte sur la «parole présidentielle».Silencieux depuis son élection pour un quatrième mandat, Abdelaziz Bouteflika se retrouve en première ligne dans la guerre que se livrent les deux camps. Lui qui avait refusé d'intervenir dans la bataille que s'étaient livrés les pro et les anti-Belkhadem lors du vote de confiance qui avait précipité le départ de l'ancien SG du parti est aujourd'hui au centre de la lutte qui se dessine entre les deux camps. Après l'échec du 24 juin, Abdelaziz Belkhadem revient à la charge dans sa tentative de pousser Amar Saadani à l'organisation d'une élection à bulletin secret.C'est Abderrahmane Belayat, ancien coordinateur du parti, qui se charge de relancer la nécessité d'une telle démarche. Belayat, qui a publiquement apporté son soutien à l'ancien SG, rappelle que cette solution est soutenue par le président de la République et président d'honneur du FLN. «Le Président soutient l'idée que la crise au FLN doit être tranchée par l'urne, déclare M. Belayat. Il a également demandé que le conseil de discipline ne soit pas activé contre des membres du comité central.» Et d'affirmer que 257 membres du CC avaient donné leur accord pour la réunion du comité central et l'organisation d'un nouveau vote pour l'élection d'un secrétaire général. Abderrahmane Belayat rappelle également que, pour l'heure, la demande introduite en février auprès des services de la wilaya d'Alger pour la tenue d'une réunion du CC est toujours d'actualité tant que «l'administration n'aura pas officiellement refusé la demande».Cette intervention avait été précédée d'une déclaration publique faite par le conseiller spécial du Président à une chaîne de télévision. Pour l'ancien patron du FLN, il était important de couper court aux sarcasmes proférés par ses adversaires, qui l'accusent d'être un affabulateur.Lors d'un entretien accordé à El Bilad TV, Abdelaziz Belkhadem est revenu sur la réunion de juin dernier qui avait rassemblé le président de la République, son directeur de cabinet, Ahmed Ouyahia, le général Toufik, patron du DRS, et lui-même. Selon ses dires, le Président avait donné l'ordre d'«ajouter au menu de la session du comité central du 24 juin un nouveau point ayant trait à l'élection d'un nouveau secrétaire général du FLN». De plus, Bouteflika aurait, selon Belkhadem, exigé la présence de «tous les membres du comité central, y compris ceux suspendus».Pour son camp, Belkhadem a le soutien du Président. Sans cela, il ne pourrait pas se permettre de révéler la teneur des propos de Bouteflika. Une trop forte amitié et une confiance réciproque les unissent.«Il est clair qu'il a l'accord du Président, estime Boualem Djaffer, sénateur et membre du comité central. Il est tenu par le droit de réserve. S'il a décidé de parler, c'est qu'il a reçu l'autorisation de le faire par le Président.»On avance que le Président aurait décidé de s'impliquer à la suite des attaques du secrétaire général actuel contre les services de sécurité, à leur tête le général-major Mohamed Médiène dit Toufik. «Amar Saadani a agi comme un pyromane, rappelle un membre du comité central. Par ses déclarations, il a failli rompre l'équilibre entre les différents cercles du pouvoir», signe que Belkhadem ne doute pas de lui. Il aurait décidé d'affronter la base du FLN en allant à la rencontre des militants dans les prochains jours pour relayer la parole du Président.«Comment voulez-vous que le Président soutienne Belkhadem alors qu'il n'a même pas été autorisé à participer à la dernière réunion du comité central», juge Abdelkader Cherrar, qui ne cache pas son opposition à Abdelaziz Belkhadem. Et d'ajouter : «Si le Président voulait faire passer un message, il le ferait selon les canaux habituels pour rendre crédible sa décision. Pour le moment, nous sommes les observateurs d'une interprétation fallacieuse des propos du Président par un homme assoiffé de pouvoir.»


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