A la veille de la
journée nationale du chahid, la chronique locale s'est emballée sur l'autel de
la mémoire collective prenant en otage ses symboles immuables dans des
gesticulations maladroites et hasardeuses provoquant des pulsions de suspicion
et d'hostilité bien au delà des limites de la correction, et de la bienséance
ébranlant ainsi le respect que l'on doit à nos martyrs.
Ces hommes et ces
femmes, connus ou anonymes, avaient bravé la sanglante férocité du colonialisme
et son joug meurtrier, allant jusqu'au sacrifice suprême pour nous permettre de
recueillir en fruit notre liberté et notre dignité. Ils ont pris leur chemin de
gloire à la rencontre de leur destin, laissant le soin à l'histoire et à la
mémoire de hiérarchiser leurs valeurs et de sanctifier leur message dans une
dimension céleste bien loin de tous les circonstanciels clivages de notre bas
monde.
Des thuriféraires
du négativisme, qui rejettent toute réminiscence de la mémoire, s'agitent
parfois cyniquement dans des vases clos pour tenter de détourner la
sacro-sainte portée du subliminal message mémorial du chahid, au risque de
«réveiller cet éternel vivant» qui se remue dans sa tombe à chaque impair
commis sur son héritage ou à chaque insolence commise en son nom par ses
successeurs.
La journée
nationale du chahid sera célébrée pour commémorer dans tous ses attraits la
valeur absolue de nos constantes qui nourrissent notre fierté, notre dignité et
notre raison de vivre. Il serait malvenu que des errements dans l'inconscience
réduisent cette infinie dimension à une joute aigrie de surenchère insolente et
abjecte.
Ces hommes et ces
femmes morts pour l'indépendance de l'Algérie sont toujours présents à nos
côtés, malgré nous, et demeurent les éternels gardiens de ce temple qu'ils ont
édifié. Ils ont fait leur devoir intégral et il nous appartient en retour à
respecter leur mémoire, dans le devoir de l'exprimer inlassablement dans nos
actes quotidiens pour mériter d'accéder à une gorgée de ce ressourcement
ancestral qui nous permet d'évoluer vers les cieux de l'épanouissement. Dans sa
dimension spirituelle ce temple est marqué par sa religiosité solennelle où
l'on ne peut y accéder avec pantoufles et sans ablution.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Menani Mohamed
Source : www.lequotidien-oran.com