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Guéant, les réformes et l'émigration Edito : les autres articles



Guéant, les réformes et l'émigration                                    Edito : les autres articles
S'il ne s'était pas contenté du seul exposé de son homologue Ould Kablia sur les réformes politiques algériennes et pris soin de les analyser lui-même (ou écouter d'autres sons de cloche), Claude Guéant se serait fait probablement une tout autre opinion sur ces textes. Il ne serait pas tombé en admiration sur leur contenu, aux antipodes des idéaux de liberté et de démocratie. Mais même s'il avait trouvé à y redire, il se serait tu ou fendu d'une réponse évasive toute diplomatique, car à Alger, le ministre français de l'Intérieur ne devait surtout pas courroucer ses interlocuteurs.
A une encablure de l'élection présidentielle, Claude Guéant est en position de quémander : il voulait s'assurer que du côté algérien, il y aurait un coup de pouce à Sarkozy ou du moins une neutralité bienveillante. François Hollande étant passé à Alger il y a plusieurs mois, bénéficiant d'un excellent accueil. Mais c'est surtout le dossier émigration qui a fait le plus courir le ministre français de l'Intérieur. Il est venu plaider la révision des accords algéro-français en matière d'émigration de 1968 considérés comme «trop avantageux», ce qui n'est pas, et de loin, l'avis des responsables algériens et des émigrés en France eux-mêmes, dont la condition économique et sociale n'est pas des plus enviables. En réalité, en matière d'émigration, ce n'est point le souci de conformité avec la législation européenne qui motive la démarche de Claude Guéant. Les étrangers en France sont devenus, aujourd'hui, la bête noire de la droite au pouvoir. Il faut à tout prix chasser sur les terres du Front national qui progresse d'une manière spectaculaire.
Le ministre a déjà fixé une réduction annuelle de 10% des entrées d'étrangers, restreint drastiquement l'émigration professionnelle, faisant fi du même préjudice porté aux entreprises et aux universités de son pays. A l'évidence, Claude Guéant a reçu une fin de non-recevoir de la part des autorités algériennes ou, du moins, un «au revoir» après l'élection d'avril 2012. Le ministre naïf était bien naïf de croire qu'à cinq mois de l'élection présidentielle (dont les sondages prédisent une défaite de la droite sarkozienne) les dirigeants algériens allaient lui faire un cadeau royal sur le dos de leur émigration. Même en les caressant dans le sens du poil, s'agissant de leurs réformes politiques.
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