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Gué de Constantine : cela s'est passé à la veille des élections législatives



Gué de Constantine : cela s'est passé à la veille des élections législatives
Tension - La commune de Gué de Constantine était en pleine ébullition durant toute la journée de mercredi dernier.
Elle fut le théâtre d'affrontements entre plus de 400 citoyens qui se sont mobilisés et un important contingent des brigades antiémeutes venu pour exécuter une décision du wali d'Alger, portant démolition de 7 villas situées à l'intérieur de la coopérative immobilière Amina, connue sous l'appellation de lotissement B 2. Face à la matraque des services de sécurité, les citoyens ont répondu par des jets de pierres, des pneus brûlés et des affrontements au corps à corps.
On a dénombré plus d'une vingtaine de blessés parmi les citoyens et plusieurs arrestations ont été effectuées. Même des élus locaux ont été pris au dépourvu par la décision du premier magistrat de la wilaya. Voulant intervenir dès qu'ils ont eu vent de l'information pour «éviter à la commune des émeutes inutiles à la veille des élections législatives», comme le dit si bien le vice-président chargé de l'urbanisme, Abdelkader Kaïdi, ils ont été également malmenés par les services de l'ordre. Genèse d'un conflit qui perdure depuis l'année 2004 et que nous avons rapporté dans notre livraison du 24 et 25 juillet 2011.
Au début de l'année 1996, la municipalité de Gué de Constantine délibère et donne son accord à 68 coopérateurs pour la mise en place d'une coopérative immobilière et leur attribue une assiette de terrain. Des décisions approuvées par la wilaya d'Alger en date du 31 mars 1996 par décision portant la référence numéro 23.
Les services communaux de Gué de Constantine ont, après enquête, délivré en date du 16 juin 2002 une autorisation d'ouverture de chantier. En 2004, les citoyens bénéficiaires sont abasourdis par un revirement de situation.
Plus d'une dizaine d'arrêtés de démolition et d'expulsion signés par la wilaya parviennent à ces citoyens. Autant de fois, la justice intervient et tranche en faveur de ces citoyens. Même la cour suprême saisie par les services de la wilaya d'Alger, tranche en date du 2 juin 2009 en faveur des coopérateurs. La dernière fois que la justice a encore tranché en faveur de ces citoyens, c'était le 16 avril dernier.
Il n'empêche que les services de la wilaya d'Alger, sont revenus mercredi dernier à la charge en mobilisant un important contingent des brigades antiémeutes pour en finir définitivement avec ce contentieux.
Le wali délégué de Bir-Mourad-Raïs en charge de faire appliquer la décision du wali d'Alger, s'est refusé à toute négociation avec les émeutiers et la presse. «Je suis là pour démolir des constructions illicites», dit-il. Illicites ' C'est là que plusieurs questions se posent.
Pourquoi une telle opération s'est-elle déroulée à la veille des législatives ' Pourquoi les coopérateurs n'ont pas reçu auparavant une décision conformément à la réglementation ' Pourquoi les élus locaux de la commune de Gué de Constantine n'ont-ils pas été informés d'une telle opération ' Autant de questions estées en suspens devant le mutisme des décideurs.


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