
Les barrières séparant notre littérature écrite en arabe et en français tendent à s'amenuiser. Les éditions Sedia participent à cette tendance en proposant une collection consacrée aux traductions arabes d'auteurs algériens d'expression française. Nacera Khiat, éditrice, nous en parle?- Comment s'effectue le choix des ouvrages à traduire 'En 2006, nous avions lancé la collection Mosaïque qui réédite des écrivains algériens publiés à l'étranger, essentiellement en France. Dans un esprit de continuité, la collection Foussaifissa propose des traductions en langue arabe de ces auteurs. Le choix a été d'abord porté sur des titres réédités en langue française, puis s'est élargi à d'autres. La traduction de grands auteurs tels que Mohamed Dib ou Assia Djebar s'imposait. Le public algérien connaît aussi Khadra, Benmalek, Malika Mokeddem? C'est dans la plupart des cas la notoriété de l'écrivain, le succès d'un titre ou la distinction de tel ou tel ouvrage qui nous pousse à le traduire.- Quelles sont les difficultés rencontrées dans cette entreprise de traduction 'La première difficulté est de trouver un bon traducteur disponible pour effectuer un travail à la hauteur et dans des délais acceptables. Ensuite, entre traduction, relecture, suivi et impression, les frais sont considérables. Ce qui se répercute obligatoirement sur le prix du livre. De plus, les ventes ne sont pas satisfaisantes. En plus du prix que parfois nos lecteurs arabophones trouvent élevé, les soucis de distribution et le nombre de librairies en baisse ne font pas avancer les choses. Il faut dire que les programmes d'aide à la publication du ministère de la Culture nous ont aidé à poursuivre nos projets de traduction. Le ministère nous achète 1500 exemplaires de certains titres retenus.- Existe-t-il un public demandeur pour ces publications 'Lorsque vous annoncez la traduction d'un ouvrage, surtout quand il s'agit d'un écrivain algérien connu, l'initiative est saluée et on vous encourage à en traduire d'autres encore. Mais sur le terrain et selon les ventes (qui restent le meilleur critère) les traductions ne sont pas très demandées. Les difficultés que connaît ce marché (distribution, manque de librairies et de bibliothèques?) sont aussi un grand handicap qui fausse les données, et les idées aussi. Si le livre n'arrive pas au lecteur, on est dans l'incapacité de savoir s'il l'intéresse ou pas.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Bouchakour
Source : www.elwatan.com