
Amar Saâdani a-t-il fait un bon choix politique en acceptant d'assumer le porte-parolat informel du centre de décision présidentiel ' Tant qu'il s'en prenait au gros gibier, réputé inattaquable, il pouvait jacqueter de plaisir d'avoir l'insigne honneur de se mesurer à l'incommensurable... jusqu'alors. Dans le rôle du mangeur d'oignon pour la bouche des autres, il avait quelque mérite à être au premier rang des casseurs de tabous. Mais après ' Une fois la guéguerre terminée sur une apparente reconduction du statu quo de l'équilibrisme, la mission de porter la parole des autres s'avèrera moins enthousiasmante pour le spadassin de l'underground. Alors, ce nouveau gouvernement, c'est vraimentpour bientôt ou il faut attendre encore 'Le secrétaire général du FLN, qui a toujours refusé de manger son chapeau, ne se dédira pas. Il n'a été, en la circonstance et occurrence, que le messager de quelque chose qu'il ne maîtrise pas. Quoique...le sujet est dans l'air et si ce n'est pas demain, ce sera pour juste après. Remaniement ou nouveau gouvernement, il y aura bien. Pour autant que la logique et le bon sens n'ont pas totalement déserté les esprits du ou des décideurs. Que ce soit M. Saâdani ou un autre dans le secret des Dieux qui l'annonce n'aura aucune espèce d'importance.Il nous importera plus, en tant que citoyens, de prendre connaissance de sa feuille de route que des hommes et des femmes qui le composeront. Le turn-over dans les fonctions de l'Exécutif est d'une telle nervosité qu'on prend à peine le temps de se familiariser avec quelques noms du gouvernement que la faucheuse du changement étête et fait sortir de nouvelles, et assez souvent anciennes têtes. Entre temps, dans la période de l'inter-règne gouvernemental, on s'imagine aisément que l'ambiance dans les bureaux feutrés des ministères n'est pas à la joie. Restera, restera pas... ' Qui mesurera la productivité et le rendement de l'Exécutif ' Pas le Parlement, tant qu'il ne lui est pas fait injonction en ce sens. Le patron du FLN, seul, si. Il y a quelques jours, il trouvait que le gouvernement Sellal n'avait pas bien travaillé dans le Sud en proie à une série de problèmes dont il n'est pas facile de toujours comprendre les causes réelles, surtout celles qui relèvent de l'indicible.Dans cet embrouillamini d'analyses amphigouriques et de plans tirés sur la comète, en parfaite conformité avec les traditions les plus tenaces du pouvoiralgérien, les moins empressés croient néanmoins comprendre que c'est la chute drastique du prix de l'or noir, pain blanc du peuple et de ses dirigeants, qui dicterait l'obligation morale ?même pas politique- d'un toilettage de l'équipe ministérielle. Juste pour votre gouverne, hier après-midi, le baril était toujours en dessous de 50 dollars. Même le président français compte beaucoup sur la persistance de cette baisse pour obtenir quelques résultats en 2015 qui, d'après lui, sera une année où le pétrole continuera à être moins cher qu'en 2014.Le régime politique algérien étant sécurisé sur son flanc parlementaire contre toute crise politique, on dira donc que les changements de gouvernement, remaniement de fond ou opération cosmétique, n'obéissent qu'à un souci d'efficacité. Va pour l'efficacité ! La feuille de route devra être précise, construite sur des objectifs chiffrés et datés. Elle devra dire comment passer d'une économie dispendieuse et distributrice de rente à une économie productiveet moins, beaucoup moins dépendante des hydrocarbures qui procurent au pays97% de ses recettes en devises et 60% de sa fiscalité. Pour le moment, dans aucune des déclarations officielles, il n'est fait mention d'un mode opératoire précis qui irait dans ce sens.Un gouvernement de crise qui aurait pour principale mission de juguler la criseéconomique ferait bien l'affaire si le pouvoir, conscient de la chance qu'il a eu d'échapper au «Printemps arabe», s'épargnait dans la foulée un retour aux années de sang activement préparé par certains milieux qui veulent venger la défaite militaire et politique de l'ex-FIS. Les «Bourourous» sortis vendredi dernier dans les rues d'Alger avaient un message à transmettre : «Nous avons la liberté d'agir et nous pouvons de nouveau vous terroriser.»Le choix est d'une simplicité déconcertante pour le pouvoir : sauver l'économieet la stabilité ou louvoyer avec les partisans de la terreur et d'un retour enforce de l'islamisme destructeur. C'est l'un sans l'autre et pas l'un et l'autre.A. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Samil
Source : www.latribune-online.com