C'est sous le haut patronage du président
de la République et le parrainage du wali de Tlemcen que la fondation Emir
Abdelkader (section locale) a organisé jeudi et vendredi derniers, au niveau de
l'EGP de Ghazaouet, le colloque national sur «La vie spirituelle de l'Emir Abd
El Kader», qui coïncidait avec la commémoration de la célèbre Bataille de Sidi
Brahim (23-26 septembre 1845). «2011 sera l'année de l'Emir Abd El Kader»,
soulignera le directeur de la culture, rapportant les propos du wali qu'il
représentait pour la circonstance. Le représentant du ministre des
Moudjahidine, en l'occurrence M. Brahim Abbès, directeur du patrimoine, louera
les vertus de l'Emir en invitant la génération de jeunes à tirer les
enseignements de sa voie et s'inspirer de sa personnalité. Dans le même
sillage, le chef de daïra mettra en relief celui qui fut «L'homme accompli» en
citant Bruno Etienne. Motivé vraisemblablement par les sages orientations de
Abdelaziz Bouteflika avec qui il eut une entrevue au sujet de l'impact (public
ciblé) des différents colloques organisés par ladite fondation, son président,
M. Mohamed Boutaleb, n'oubliera pas de ramener dans ses bagages la précieuse
caméra de Canal Algérie. Et pour cause.
Le
message du projet de l'Emir, «Un Etat moderne islamique», devra toucher la
communauté émigrée vivant à l'étranger. «Notre mission est prestigieuse et le
sacrifice de nos ancêtres ne nous permet pas de dire que là-bas c'est le
paradis et ici l'enfer…», devait-il préciser. Et de clouer au pilori le secteur
de l'éducation où «l'histoire est mal enseignée, est considérée comme une
matière secondaire…». Une carence que sa fondation s'attelle à pallier. Pour sa
part, Mme Nouria Rostane, présidente de l'association éponyme locale, évoquera
Ghazaouet, «cette ville ambivalente qui vit la victoire de l'Emir à Sidi
Brahim, une bataille où fut éliminé le criminel de guerre Montagnac, et l'exil
forcé vers la France…». Après cette série d'allocutions, la parole sera cédée
au premier communicant, le Pr. Dr Zaïm Khenchelaoui, anthropologue, directeur
de recherche au CNRPAH (Alger), président du conseil scientifique de ladite
fondation. A travers sa communication intitulée «La mission urbi orbi de l'Emir
Abd El Kader», ce chercheur émérite mettra en exergue la dimension nationale et
transnationale de l'Emir Abd El Kader qui a une double personnalité avec un
parcours exceptionnel illustré par un combat où il a pu «se donner au dialogue
des religions, à l'humanisme en tant qu'instigateur du droit de l'humanité qui
se transformera en termes contemporains en droits de l'homme… C'est un cadeau
de l'Algérie à l'humanité», soulignera-t-il. Et de conclure avec ce jugement de
valeur ou plutôt une sentence : «Comme la profondeur de l'ignorance est sans
fond, la grandeur de l'Emir est sans limites ; sa vie extraordinaire ouvre la
porte à la dignité et fait participer au déploiement des énergies libératrices…
Il est certain que la valeur universelle de son héritage spirituel nous apporte
des éléments d'analyse et de réflexion nouveaux et originaux sur nos propres
limites cognitives.
La
voix claire et cordiale de l'Emir retentit encore dans nos cœurs sombres et
opaques pour nous dire qu'il ne faut pas entretenir la haine et que l'amitié ne
doit pas être rompue, que la haine ne peut être assouvie par la haine, qu'elle
ne peut être écartée que par le pardon…». En marge de la conférence, le Pr
Khenchelaoui nous apprendra que la défaite française de Sidi Brahim, un
douloureux épisode pour la France coloniale, est commémorée «victorieusement»
dans l'Hexagone (une autre mystification de l'écriture de l'histoire) où la
fanfare du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins joue devant le parvis de la
chapelle du château de Vincennes le répertoire protocolaire de la cérémonie de
commémoration de Sidi Brahim. Dans son intervention sur «La projection au 21è
siècle de l'identité spirituelle de l'Emir Abd El Kader», le Pr. Mustapha Daïdj
(consultant international), estime que l'Emir devait lutter contre trois
ennemis universels, à savoir une puissance mondiale féroce, une technologie
avancée et un scientisme matérialiste. A ce titre, sa pensée s'est manifestée
de trois façons : politique (vision des choses), éthique (tolérance) et
mystique (identité). «Je vois en l'Emir un exemple pour le futur… Il pensait
globalement et agissait localement», dira l'orateur pour qui la situation que
nous vivons est caractérisée par le trinôme infernal «3V» :
violence/vitesse/virtuel. Une crise pour laquelle, selon lui, l'Emir nous a
proposé une thérapie: «Revenir à soi à travers le corporel, l'émotionnel, le
culturel et le spirituel». A noter des défections par rapport aux
communications. Selon le Dr. Sari Ali Hikmet (vice-président de l'UNZA), un des
organisateurs, ce colloque s'inscrit dans le sillage du programme annoncé de la
manifestation de 2011 «Tlemcen, capitale de la culture islamique» qui verra
l'organisation dans ce cadre d'une semaine académique consacrée à l'Emir Abd El
Kader. Il convient de signaler que les participants au colloque devaient se
rendre le vendredi au lieudit Sidi Brahim pour assister à une wa'da, à
l'invitation du P/APC de Souahlia.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Allal Bekkaï
Source : www.lequotidien-oran.com