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Geste indécent de Gérard Longuet : Une association algérienne réclame le droit de rétorque



Une lettre réclamant le droit de rétorque aux offenses concernant le geste indécent commis publiquement par le sénateur et ancien ministre français de la Défense, Gérard Longuet, et le député du Front national, Gilbert Collard, visant l'Algérie, a été adressée au président François Hollande par l'association "Rassemblement démocratique algérien pour la paix". Cette dernière demande également au président français la restitution des clés de la ville d'Alger et du sabre que la France a omis de restituer à l'Algérie, après l'Indépendance nationale. "Nous vous réclamons un droit de rétorque à ces offenses et mépris, tant sur la chaîne "Public Sénat" que sur la chaîne LCI ou la chaîne nationale "France 2", a écrit cette association qui a rappelé au chef de l'Etat français qu'une action pénale est pendante devant le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre des élus pour ces délits non couverts par l'immunité parlementaire. "Nous déplorons l'absence d'initiative de la Chancellerie et du Parquet de Paris, ayant toute latitude de poursuivre les faits d'office, comme les y autorisent la loi", a souligné cette association des droits de l'homme implantée en France et présidée par Saada Zaoui, dans un communiqué rendu public. Après avoir rappelé au président Hollande ses propos sur les massacres du 17 octobre 1961 où il a indiqué dans ledit communiqué que " la République reconnaît avec lucidité ces faits ", l'association s'est demandé " si elle doit considérer les offenses citées comme un rejet de la reconnaissance par la République de ces massacres et à l'attachement d'amitié avec l'Algérie ". "Les actes et propos de ces élus ont une portée visant l'ensemble du peuple algérien et les institutions de la République algérienne", a déploré l'association, qui a estimé que la responsabilité d'un chef d'Etat "suppose aussi une action adaptée et proportionnelle à de tels actes". Dans la même lettre, l'association a également interpellé le président français sur une page de l'histoire de l'Algérie, lui rappelant que le 5 juillet 1830, le Dey d'Alger a confié à la France les clés de la ville et son sabre, dont le confié est arrivé à son terme à la faveur des Accords d'Evian. La France a omis de restituer aussi bien les clés de la ville d'Alger que le sabre, les conservant sur le territoire algérien jusqu'à son indépendance, avant de les transférer, par la suite, en France où ils sont conservés jusqu'à ce jour au Musée des armées à Paris. "Le peuple algérien légataire universel de ces symboles, vous demande un geste haut et fort par la restitution tant des clés de la ville d'Alger que du sabre", a relèvé M. Zaoui dans cette lettre, soulignant que la restitution de ces symboles "restera gravée dans l'histoire et dans la mémoire collective des Algériens". "Elle sera un puissant message d'apaisement et de non adhésion aux comportements de ces deux élus", conclut la lettre transmise à la Présidence française à quelques jours de la visite du président Hollande en Algérie. Par ailleurs, et dans un courrier adressé le mois dernier aux présidents du Sénat de l'Assemblée nationale française, cette association avait estimé que le geste inélégant des deux élus français "ne saurait rester sans être poursuivi et sans droit de réponse", car il touche "la mémoire de centaines de milliers de martyrs tombés pour la cause nationale". Elle a réclamé auprès de ces institutions un droit de réponse, précisant que le dossier est entre les mains de l'avocat Ben Anthony pour poursuivre ces faits devant le tribunal correctionnel de Paris. L'association a affirmé, d'autre part, se réserver le droit de poursuivre les auteurs devant les juridictions pénales algériennes, sous une qualification autre que celle intentée en France, conformément aux articles 144 et 149 du code pénal algérien, portant outrages et violences à fonctionnaires et institutions de l'Etat.
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