Alger - A la une

Fronton



Fronton
C'est l'histoire d'un administrateur public dynamique et avisé que rapporte M'hamed H. du bureau d'El Watan de Tipasa dans l'édition du 8 décembre. J'ai noté que mon confrère écrivait correctement Tipasa, soit avec un «s» et non un «z», comme cela s'est répandu dans les médias et les institutions. Mais revenons au chef de daïra de Hadjout dont il est parle. Dynamique, disions-nous, car il a réussi à créer un service de biométrie spacieux, moderne et accueillant qui fait la joie des citoyens en quête de passeports ou autres pièces administratives.Pour cela, il a réhabilité l'ancienne salle de cinéma qui était en «état de décomposition avancée». La bâtisse a été sauvée de la décrépitude, retapée et équipée. Je dois dire qu'en lisant, je n'ai pas tardé à fulminer car enfin, si les infrastructures culturelles, déjà insuffisantes, devaient être dévoyées de leur vocation, que resterait-il des territoires de l'art dans ce pays 'Mais je me trompais sur ce brave commis de l'Etat, effectivement avisé puisqu'à la fin de l'article, il déclarait : «A moyen terme, j'espère que les autorités de l'APC de Hadjout délibéreront afin de redonner une âme à cette infrastructure redevenue neuve à présent pour préserver cette salle qui sera destinée uniquement aux activités culturelles?».Combien existe-t-il de fonctionnaires de cette trempe capables de répondre à des urgences tout en pensant à «l'âme» des lieux ' En revanche, on connaît le nombre de salles de cinéma fermées ou livrées à d'autres destins, hautement artistiques comme celui, très fréquent, de dépôt de matériel communal. Il existe aussi des versions bazar vestimentaire comme le Régent de la rue Larbi Ben M'hidi à Alger.Selon les estimations, c'est un parc national de 432 à 458 salles sur lesquelles a déferlé la désolation, à partir notamment du moment où elles ont été confiées aux communes. Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a déclaré que 95% des salles sont fermées et il a affiché sa volonté de les récupérer.Mais le gouvernement (tous les précédents s'en sont abstenus en parfaite connaissance des dégâts) le suivra-t-il de manière ferme et claire ' Et surtout rapide, car chaque jour qui passe étend le ravage, à l'image du Roxy de Belcourt dont il ne reste plus que la frêle façade. Cette non-assistance à cinéma en danger n'est pas seulement de l'inconscience.Appétits fonciers et calculs sournois semblent aussi la fonder. Une man?uvre de rapaces jouant sur l'usure de leurs proies : laisser pourrir, laisser s'écrouler et récupérer les terrains? Il faut agir maintenant ou ce sera bien vite trop tard. Au mieux, des fonctionnaires transformeront ces lieux en services publics (par ailleurs nécessaires) sans avoir forcément la prévenance du chef de daïra de Hadjout ? Aïssa Boulahia pour le nommer ? lui qui semble savoir que le septième art est aussi biométrique qu'un passeport car porteur d'une identité imprimée, non pas sur un simple papier, mais dans le c?ur et l'esprit des générations.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)