
Il y a comme un frémissement dans le monde des arts visuels. Bien sûr, les frémissements ne font pas le printemps. N'empêche, il se passe des choses avec même une sorte d'accélération. Là dessus, l'apparition de nouveaux créateurs est un signe encourageant.L'espace La Baignoire a révélé de jeunes photographes prometteurs glanés sur la Toile. Les ateliers Bouffées d'Art nous ont permis de retrouver Mustapha Adane, pionnier toujours actif. La vénérable Dar Abdellatif a accueilli déjà trois expositions depuis janvier avec l'arrivée de l'artiste Meriem Aït El Hara à la tête du département Arts visuels de l'AARC.Il y a eu l'ouverture de la TNA Gallery à l'initiative d'un groupe d'artistes. L'Historial d'Alger a accueilli une expo improbable intitulée «Istikhb'Art» et, à Maghnia, Riwaq El Fen, créé et géré par des artistes, expose les peintres de Mostaganem (p. 16).La galerie Ezzou'Art du Centre commercial de Bab Ezzouar fait montre d'un certain dynamisme avec des propositions originales. Un nouvel espace s'éveille avec la galerie Sacré Art de l'ONCI. La nouvelle galerie Sirius, créée par Valentina Ghanem, démarre sûrement. Le Musée national des Beaux-Arts relance son cycle de présentation de créateurs vivants à la faveur d'un regain d'activité (p. 13).On annonce l'exposition de Mustapha Nedjaï au palais de la Culture (p. 13). Outre-mer, des artistes algériens s'organisent et créent Fen'Art à Paris (p. 14). On en oublie au passage, mais l'art reconnaîtra les siens.Ça a bougé aussi du côté de l'Ecole des Beaux-arts d'Alger, nationale et supérieure, où les étudiants ont lancé une grève, la énième depuis 40 ans, avec l'originalité d'exprimer leur protestation par des ?uvres. La ministre de la Culture, Nadia Labidi, est allée débattre avec eux, s'engageant à trouver des solutions. Il faut en trouver, c'est sûr. Mais il faut aussi envisager, ce qui ne s'est jamais fait dans le pays (mais se fait bien sûr partout dans le monde), d'aborder la formation artistique dans son ensemble, et ce, en remontant depuis l'école primaire.Aujourd'hui, les Beaux-arts d'Alger et les écoles régionales ressemblent à la partie émergée d'un iceberg qui n'aurait rien sous le niveau de l'eau. Quoi que l'on fasse, le flottement instable se perpétuera.Enfin, si l'on peut se réjouir de cette floraison, ne nous cachons pas qu'elle reste, à conditions comparables, en deçà de celle qui prévaut généralement ailleurs. Et, pas plus qu'ailleurs, la création ne peut se développer sans l'accompagnement de la réflexion critique. Ainsi, les textes de Mohammed Khadda demeurent parmi les rares éclairages dont nous disposons aujourd'hui (p. 15).Il faut créer, toujours plus, toujours mieux. Mais, en même temps, réfléchir et échanger. Cela fait partie de l'art, pleinement, car, par maints aspects, la réception et l'appréciation des ?uvres sont plus importantes que leur élaboration.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameziane Farhani
Source : www.elwatan.com