Alger - A la une

Fronton



Fronton
Voilà, Arts & Lettres reprend en espérant vous avoir un peu manqué. Nous avons vécu tant de choses durant cet interminable été. Entre la prestation du onze national au Mondial qui nous a emplis d'espoir et le décès tragique du joueur Albert Ebossé qui nous a désespérés. Nous avons pu aussi vérifier que les véritables vacances aujourd'hui ne consistent ni à se reposer ni à voyager, mais à couper son portable dans un acte héroïque et salvateur. Puis, il y a eu la rentrée ? aussi interminable que l'été ? qui nous a confirmé, elle, que le «haut débile» nous talonne toujours de près.Entre autres, la grève des intendants qui réclament une prime pédagogique ! Ce serait sans doute une première au monde en attendant que les professeurs réclament, à leur tour, une prime d'intendance. Dans la rentrée culturelle, deux points ont attiré notre attention et viennent nous confirmer que les petites choses peuvent parfois recouvrir de grandes significations. D'abord le Festival national du théâtre professionnel, dont le jury a décidé de ne pas attribuer le Grand Prix de la manifestation, estimant qu'aucune des troupes en lice ne le méritait.Une décision courageuse et donc forcément controversée. Sans rentrer dans le détail, elle affirme, en tout cas, une volonté de placer la barre à un certain niveau et de pousser les candidats, non plus à se mesurer entre eux, mais par rapport à des niveaux d'exigence artistique universels. Pendant des années, nous avons privilégié l'attitude d'encouragement et cela était nécessaire pour relancer la vie culturelle. Il est temps désormais de rappeler dans le théâtre, mais aussi dans toutes les disciplines, que la création est indissociable de la qualité dans toutes ses dimensions.Il y a eu ensuite le Festival international de musique symphonique qui, cette année, a décidé de rendre payantes les entrées par une somme modique (200 DA) qui permet de ne pas exclure les plus démunis, encore qu'un tarif jeunes aurait souligné la volonté de gagner cette catégorie à des consommations culturelles de haut niveau. Contre toutes les prévisions, le festival a réussi en six éditions à s'attirer un large public et il est arrivé qu'il y ait autant de personnes dehors que dans la salle Mahieddine-Bachetarzi du TNA, où il se tenait.L'introduction du paiement n'a pas contredit cet engouement et cela prouve que certains citoyens sont disposés à participer financièrement aux manifestations culturelles, pour peu que le niveau soit élevé. Signalons que plusieurs des orchestres, présents à Alger, se produisent chez eux pour 30 à 70 euros la place. En tout cas, une réflexion mérite d'être engagée sur la question de la gratuité culturelle et de tarifications adaptées aux différents publics. Un proverbe algérien affirme que le gratuit ne dure pas (el batal yabtal). Sans le prendre au pied de la lettre, il faut considérer que la création d'industries culturelles dépend autant de la qualité des contenus que des formes d'organisation économique.


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