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Frantz Fanon, hier et aujourd'hui



Demain, cinquante années seront passées depuis la mort de Frantz Fanon survenue le 6 décembre 1961 aux Etats-Unis. Pour lui rendre hommage, l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) organise, du 6 au 8 décembre 2011, une série de manifestations culturelles et artistiques placées sous le thème : «Frantz Fanon, aujourd'hui».
Frantz Fanon est né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France, en Martinique. Il reçoit son éducation au lycée Victor-Schoelcher dans sa ville natale où Aimé Césaire enseignait à l'époque. En 1953, il devient médecin chef d'une division de l'hôpital psychiatrique de Joinville (Blida) en Algérie sous la colonisation française. Il y introduit des méthodes modernes de «sociothérapie» ou «psychothérapie institutionnelle», qu'il adapte à la culture des patients musulmans algériens (ce travail sera expliqué dans la thèse de son élève Jacques Azoulay). Avec ses internes, il entreprend, ensuite, une exploration des mythes et rites traditionnels de la culture algérienne. A l'époque, sa volonté de désaliénation et décolonisation du milieu psychiatrique algérien s'oppose de front aux thèses racistes de l'Ecole d'Alger d'Antoine Porot qui décrit le Nord-Africain musulman comme «un débile hystérique, sujet de surcroît à des impulsions homicides imprévisibles». Dès le début de la guerre de Libération nationale du 1er Novembre 1954, Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance nationaliste et noue des contacts avec des officiers de l'Armée de libération nationale (ALN) ainsi qu'avec la direction politique du FLN. Expulsé d'Algérie en 1957, il rejoint le FLN à Tunis, où il collabore à son organe central de presse El Moudjahid. En 1959, il fait partie de la délégation algérienne au congrès panafricain d'Accra, au Ghana. La même année est sorti son ouvrage l'An V de la révolution algérienne publié par François Maspero. En mars 1960, il sera nommé ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne au Ghana. Se sachant atteint d'une leucémie, il se retire à Washington pour écrire les Damnés de la terre. Frantz Fanon est mort le 6 décembre 1961 quelques mois avant l'indépendance de l'Algérie. Conformément à son vœu d'être enterré en terre algérienne, sa dépouille sera inhumée au cimetière des chouhada près de la frontière algéro-tunisienne, dans la commune d'Aïn Kerma (wilaya d'El-Tarf). En hommage à son travail et à son sacrifice pour la cause algérienne, l'hôpital de Blida-Joinville porte aujourd'hui son nom. Une salle du complexe de Riadh El- Feth à Alger est baptisée du nom du psychiatre, penseur, essayiste et militant martiniquais de naissance et algérien et africain de cœur. Frantz Fanon est l'un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste. Il est devenu un maître à penser pour de nombreux intellectuels du Tiers-Monde. Son livre le plus connu, les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, est devenu un manifeste pour la lutte anticoloniale et l'émancipation du Tiers-Monde et il a inspiré plusieurs mouvements de libération en Afrique. Parmi ses publications, figurent L'expérience vécue du Noir (1951), Peau noire, masques blancs (1952 et Pour la révolution africaine (La Découverte, 1964).
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