
L'historien et écrivain Amar Belkhodja déplore que le militant pour l'indépendance de l'Algérie, Frantz Fanon, ne soit pas «présent» à l'Université algérienne. Pourtant, assure-t-il, ses ouvrages méritent une lecture plus approfondie.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - «Frantz Fanon avait une attention particulière pour la misère dans laquelle vivait le peuple algérien. Aujourd'hui, la jeunesse doit s'imprégner de l'itinéraire grandiose de cet homme», dira Amar Belkhodja.Un militant pour l'indépendance de l'Algérie qu'il qualifie de «visionnaire». «D'origine martiniquaise, il était conscient que sa vraie patrie était l'Afrique. Son rêve était l'indépendance de l'Algérie et l'unité de cette Afrique malmenée durant des siècles», ajoute-t-il.En 1956, Frantz Fanon démissionne de son poste à l'hôpital psychiatrique de Blida, ex-Joinville, lorsqu'«il a découvert le vrai visage du colonialisme». Il rejoint, ensuite, l'équipe rédactionnelle de du journal El Moudjahid, à Tunis, avec notamment Abane Ramdane, M'hamed Yazid, Réda Malek et Ali Boumendjel, avant d'être désigné par le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) comme représentant en Afrique.D'ailleurs, poursuit l'historien, «rien que la lettre de démission de Fanon mérite une attention particulière et doit être enregistrée et inscrite dans un mémoire de science politique ou de sociologie».Il évoque ainsi les ouvrages de Frantz Fanon ; Peau noire, masques blancs, publié en 1952, L'An V de la Révolution algérienne en 1959 et Les damnés de la terre, en 1961. Il cite également le recueil des articles de presses écrits par Fanon dans El Moudjahid, «une idée de l'éditeur François Maspero de récupérer ses articles de presse», précise-t-il.«Ses ouvrages méritent encore une lecture. A lui seul, Les damnés de la terre, publié par les éditions Maspero à une semaine avant le décès de Frantz Fanon, emporté par une leucémie, est devenu le livre de chevet de tous les leaders des mouvements de libération africains, asiatiques», dit-il encore.Intervenant hier, au Forum du quotidien El Moudjahid, à l'occasion de la commémoration du 55e anniversaire de la mort du militant, l'historien Amar Belkhodja revient sur la participation des étrangers à la guerre de Libération. «Il faut cesser de dire qu'il n'y avait pas d'étrangers qui ont contribué à la Révolution algérienne. Par sa grandeur, notre révolution a suscité l'adhésion de Français, de Suisses, d'Allemands,”? Certes par très nombreux mais nous devons leur rendre ce mérite», dit-il.Il estime, par ailleurs, que ce genre d'omissions de l'histoire de l'Algérie a ouvert la porte à de nombreuses déformations. A l'exemple, dit-il, de l'«émir Abdelkader qui a été victime d'une calomnie et d'un dénigrement qu'il faut combattre».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ry N
Source : www.lesoirdalgerie.com