Un rond de lumière, un piano et une voix. Et le décor est planté, dépouillé, intime et intimiste.Pas une note électro ou encore technoïde. Tout est débranché pour laisser place à une ambiance feutrée du music-hall, entièrement dédiée à la chanson populaire.
Où les mots sont simples et tellement éloquents, élégants et émouvants. La beauté du verbe. C'est devant une salle comble et enthousiaste que François Morel, au chant, et Antoine Sahler, jouant du piano d'une main, et de la trompette, de l'autre, ont donné un spectacle intitulé La vie (titre provisoire), dont la mise en scène est signée Juliette, chanteuse, parolière et compositrice. Définitivement vital, le show des deux compères, complices. Ce qui conférera du crédit aux deux comparses, à Alger. D'ailleurs, le duo a été chaleureusement congratulé après chaque chanson. François Morel interprétera un répertoire issu du music-hall, cabaret et autres bluettes romantiques, voire nostalgiques, «made in Normandie».
Il émaillera son show avec, à titre d'exemple, Viens à la maison, de Robert Lamoureux ( à ne pas confondre avec un tire de Claude François): «Si t'as des ennuis, si t'as des soucis/ viens à la maison/si tu préfères la musique/ma femme te jouera du piano/faut aimer/et si ça t' rend mélancolique/ben, moi, j'te f'rais mon numéro/si t'as eu d'la peine, si t'as pas eu d' veine/viens à la maison?» François Morel narrera cette tranche de vie, à l'ancienne. Avec cette interprétation habitée, rappelant Serge Reggiani, Yves Montand?Et celle des «chansonniers» avec ce très forcé, mais subtil humour. Ce qui déridera les zygomatiques de l'auditoire. Toujours avec cet esprit d'inventaire très cher à Jacques Prévert. D'ailleurs, il y eut même le name dropping- figure de style du rap consistant à citer des noms connus de personnes, d'institutions, de marques commerciales ou de titres d'ouvrages- : «Adamo, Belmondo, Barbara, Coppé, Guy Lux, Helmut Kohl, Bernard Pivot, de Gaulle?» En guise de présent, François Morel «chamboulera» l'ordre des chansons.
Il gratifiera le public avec, pour la première fois, un titre en hommage à George Moustaki, en Méditerranée : « Dans ce bassin où jouent/des enfants aux yeux noirs/ il y a trois continents/et des siècles d'histoire/des prophètes des dieux/le Messie en personne/Il y a un bel été/ qui ne craint pas l'automne/ en Méditerranée/ Il y a des oliviers?» Un récital plein de générosité. C'était vraiment «show».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Smail
Source : www.elwatan.com