La police française est intervenue tôt dans la matinée d'hier, pourévacuer une quarantaine de sans-papiers grévistes de la faim, originairesd'Algérie et de Guinée. Selon les associations de soutien aux sans-papiers,cités par l'AFP, les grévistes de la faim étaient installés dans des campementsde fortune dans quatre villes du nord de la France. Les mêmes sources indiquentque les personnes interpellées auraient été conduites à la police desfrontières et au commissariat central de Lille.Avant de procéder à l'évacuation par la force des grévistes de la faim,la préfecture de Lille avait présenté, la semaine dernière, un plan de «sortiede crise» qui avait été refusé par le Comité de soutien aux sans-papiers duNord, la Ligue des droit de l'Homme LDH et le Mouvement contre le racisme etpour l'amitié entre les peuples (MRAP). Le plan en question prévoit le réexamendes dossiers de 150 sans-papiers, dont les grévistes de la faim, la délivrancedès le dépôt de la liste d'un document leur permettant de circuler librement,et la remise immédiate d'un titre provisoire de séjour pour ceux qui serontrégularisés. Ce plan qui a été signé par six associations humanitaires, jugéesnon représentatives par les sans-papiers, stipule un préalable non négociable,à savoir: l'arrêt de la grève de la faim.Face aux propositions de la préfecture, les comités de soutien réclamentla régularisation de tous les grévistes de la faim, ainsi que celle de quelque500 autres sans-papiers.Plus d'une vingtaine de sans-papiers grévistes de la faim sont parailleurs hospitalisés dans la région.La ville de Lille avait connu des faits similaires au début du moisd'août. La police avait alors interpellé environ 120 immigrants illégaux, dontune soixantaine en grève de la faim, qui réclamaient leur régularisation. Laaussi les immigrants sont principalement des Algériens et des Guinéens, etquelques Thaïlandais et Marocains. Des dizaines de policiers étaient intervenusà l'aube dans le parc de la Bourse du travail, où étaient installés lesclandestins depuis une dizaine de jours. 104 sans-papiers avaient été mis engarde à vue pour l'examen administratif de leur situation.Avant de procéder à l'évacuation, le préfet du département du Nord, avaitlancé un ultimatum aux grévistes en les sommant de cesser, dès le soir même, leurmouvement qu'il avait qualifié d'«inutile et dangereux». Le même responsableavait indiqué qu'il y avait des sans-papiers «partout, dans les commissariats,dans les hôpitaux». Le gouvernement français a affiché sa détermination àexpulser les immigrants illégaux, dont il estime le nombre entre 200.000 et400.000. Pour 2007, son objectif est d'éloigner 25.000 clandestins. En avrildernier, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans l'édition 2007 de son «étatdes droits de l'Homme en France», avait rendu responsable Nicolas Sarkozy,alors candidat de droite à la présidence et ancien ministre de l'Intérieur,d'une «régression continuelle des libertés». «La politique législative decourse au sécuritaire à dominante xénophobe sacrifie au report de voix d'extrêmedroite les droits des étrangers, l'humanité élémentaire et, au bout du compte,les libertés de tous», avait écrit Jean-Pierre Dubois, président de la LDH dansce bilan.Nicolas Sarkozy, qui était ministre de l'Intérieur jusqu'en mars, estl'auteur d'une loi votée l'an dernier qui durcit les conditions d'entrée et deséjour des étrangers en France. «L'année 2006, plus encore que les précédentes,fut une très mauvaise année pour les étrangers vivant sur le sol français»,écrit M. Dubois. «La chasse aux sans-papiers s'est intensifiée au rythme de lapré-campagne présidentielle du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, avecson volet chasse aux enfants, particulièrement insupportable».Pour la LDH, le gouvernement et la majorité sortants ont «pensé plusencore en 2006 qu'auparavant, leur politique migratoire sur la base de calculsélectoraux dangereux pour les libertés démocratiques».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel B
Source : www.lequotidien-oran.com