
«Je regrette juste que l'on n'ait pas parlé de la révolte de l'Algérie de 1988 et qui a fait lentement basculer le pays vers l'islamisme pour aboutir à une décennie sanglante!» Un internaute réagissant sur le site de France 5La chaîne France 5 a diffusé avant-hier un documentaire en quatre épisodes sur le mécanisme des révolutions, intitulé Révolte. Un film réalisé par le réalisateur français Cédric Tourbe, qui a choisi de parler de la révolte sous toutes ses formes. Une révolte qui est perçue comme l'un des grands moteurs de l'histoire contemporaine. Pour le réalisateur, il était impératif de parler de la mobilisation de la rue qui peut déstabiliser les régimes, même les plus solidement établis. En comparant cinq des plus grandes révoltes des temps modernes: Mai 1968 en France, l'Iran en 1979, la Pologne en 1980, la Chine en 1989 et la Tunisie en 2010. Il a tenté d'apporter un éclairage nouveau sur les tempêtes qui changent le monde. Ces cinq crises ont été largement décryptées dans le livre Sociologie des crises politiques de Michel Dobry. Ce dernier a accepté d'être le conseiller scientifique du réalisateur dans la construction de ce documentaire. Le réalisateur a passé six ou sept mois à fouiller les archives, à rechercher des témoins, puis un an sur le montage.Le documentaire Révolte se décline en quatre parties, diffusées chaque dimanche sur France 5: La naissance, L'extension, L'incertitude et Le dénouement. Intermittent du spectacle, Cédric Tourbe, dont la mère est directrice de l'école Louise-Macault de Laon et où son père était instituteur a-t-il réussi son projet de thèse sur les révoltes et les révolutions' Pas sûr. Ses études à Sciences Po à Paris et ses sept-huit ans passés pour des grosses boîtes de conseil américaines, n'ont pas fait de lui un bon réalisateur et encore moins un bon réalisateur de court métrage puisqu'il a cessé sa carrière dans ce sens. L'auteur ne serait pas à l'aise avec la fiction. Son truc, «c'est de raconter des histoires» vraies. Après Foccart, l'homme qui dirigeait l'Afrique (2010), histoire d'un espion-diplomate qui régna sur le continent africain sous la protection de plusieurs présidents français, après Devenir président et le rester (2010), diffusé sur France 3 en 2011, après encore L'espion vous salue bien, retrouvailles avec un ancien agent secret formateur de résistants, diffusé l'an dernier sur Public Sénat, Cédric Tourbe s'est lancé dans un travail plus encyclopédique: parler des révolutions contemporaines.Malheureusement, dans cette chronologie des événements historiques, le réalisateur français a commis une omission de taille qui décrédibilise totalement son travail de chercheur en histoire: la révolte des jeunes du 5 octobre 1988 à Alger. Des événements sanglants qui avaient installé la démocratie en Algérie et qui ont fait monter les islamistes au pouvoir presque neuf ans après la révolution islamique en Iran et qui avaient coûté la vie à plus de 400 personnes ce jour-là. Ces événements avaient plongé l'Algérie dans une violence terroriste sanglante coûtant la vie à plus de 200.000 personnes. Ces événements sont arrivés plus de 25 ans avant les révolutions tunisienne et égyptienne où des jeunes Algériens ont apporté à coups de sacrifice humain la liberté et les islamistes ont pris sur un plateau d'argent le pouvoir et ont installé la violence sociale et sécuritaire. Les événements du 5 octobre 1988, qui avaient bénéficié d'une large couverture médiatique française méritaient de figurer dans le synopsis de ce documentaire sur les révoltes et à qui il manquait visiblement de la matière et du fond.amirasoltane08@live.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com