
Ce n'est nullement parti d'Alger cette fois-ci, mais de Souk Ahras, un nom rarement associé, comme celui d'autres cités de l'intérieur du pays, à de telles initiatives, mélange d'audace et de fraîcheur. Née sur Facebook, l'idée révèle en même temps une volonté inédite d'améliorer un décor quotidien dans des quartiers gangrenés par l'ennui et où le regard ne rencontre souvent que grisaille à perte de vue. Voici les trois caractéristiques d'une opération qui suscite, depuis quelques mois, intérêt et curiosité. Elles révèlent en creux quelques changements qui s'opèrent dans la société. Alger, de par son statut envié et jalousé de capitale, concentre beaucoup d'activités. Ses jeunes, qui font de la musique ou se distinguent dans une quelconque activité artistique, ont plus d'espaces à leur disposition. Ils ont plus de facilités d'accès aux médias, même si, depuis l'apparition des radios locales, à Sétif, Adrar ou Relizane, les créateurs voient s'entrouvrir davantage de portes. Depuis quelques années, dans des villes comme El Oued, Bejaia, Mila ou Khenchela, fleurissent aussi pourtant festivals, clubs de lecture et activent des troupes de danse dont certaines ont pris part au récent festival de la danse contemporaine. On honore aussi des personnalités ou des produits du terroir, réactivant ainsi une mémoire populaire assoupie, voire menacée. Autant de velléités qui trahissent une soif de changement. Facebook amplifie le phénomène. Il est vecteur de multiples idées et s'impose comme le plus rapide des outils et le plus pratique pour former des réseaux, susciter une vague d'adhésion à une action. On peut contourner en un clic des barrières de complications et élargir le cercle des intéressés. Nul besoin, désormais, de l'autorisation d'une quelconque autorité tatillonne pour lancer un projet. Si l'octroi de l'argent public à travers des aides demeure un droit, la genèse des projets change de fond en comble. Les jeunes reconquièrent des droits comme celui de s'occuper de leur espace vital d'abord. Le changement commence aussi quand chacun s'occupe d'abord de nettoyer devant sa porte et d'embellir les escaliers où, à Alger comme d'autres villes du pourtour méditerranéen, ils font partie de son décor et de ses charmes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H Rachid
Source : www.horizons-dz.com