
Près de 3300 tombes enregistrées sous X sont recensées au niveau du cimetière d'El-Alia, a-t-on indiqué hier lors du forum du journal Liberté qui a reçu en la circonstance Me Merouane Azzi, président de la cellule d'assistance judiciaire pour l'application des dispositions de la Charte pour la réconciliation nationale.Abder Bettache - Alger (Le Soir)Lors de cette rencontre, il a été notamment discuté des retombées de la politique de la réconciliation nationale mais aussi de la problématique des disparus.En effet, le conférencier, après avoir mis en exergue les «retombées» positives de la politique de la réconciliation nationale mise en place par le président de la République depuis son arrivée à la magistrature suprême, a indiqué que «des mesures complémentaires doivent être prises pour prendre en charge d'autres catégories de victimes du terrorisme. Toute mesure, quelle que soit sa nature sera la bienvenue. Le moment est venu de penser à d'autres mesures pour revenir à une vie normale».Toutefois, le président de la cellule d'assistance judiciaire pour l'application des dispositions de la Charte pour la réconciliation nationale s'est interrogé si après la réconciliation nationale, l'Algérie passera à une amnistie générale ' Me Azzi dira à ce propos : «nous sommes passés par la concorde civile, puis la réconciliation et aujourd'hui, je lance un appel pour réfléchir à d'autres mesures.» Et d'ajouter : «L'Algérie est menacée, c'est un fait. Pour déclencher «un printemps arabe», les ennemis du pays «ne pouvant jouer la carte de la dictature comme ailleurs, jouent celle de la tragédie nationale. Je condamne l'instrumentalisation des dossiers des disparus pour accabler l'Algérie et la déstabiliser». Question : quel bilan peut-on faire aujourd'hui de l'application de la Charte pour la paix et la réconciliation ' La question a été largement traitée par maître Merouane Azzi, qui connaît sur le bout des doigts ce dossier.Pour cet homme de loi, ce texte global qui a succédé à la loi sur la rahma et de la concorde civile qu'il qualifie de technique, a atteint les objectifs tracés. Grâce à ces trois dispositifs, 15 000 terroristes ont déposé les armes. Mais, dit-il, «d'autres dispositions doivent venir en complémentarité pour prendre en charge d'autres catégories qui n'ont pas été concernées par les mesures contenues dans ce texte et que beaucoup appellent les oubliés de la réconciliation nationale».D'ailleurs, dit-il, «l'article 47 de ce texte confère au président de la République, le droit de prendre toute disposition adéquate pour activer et renforcer la réconciliation». Dans son exposé, Me Azzi a tenu à rappeler que l'essence de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale concerne trois catégories : les terroristes qui ont choisi la voie de la repentance, les familles des terroristes, les disparus et les travailleurs licenciés.«Le peuple algérien a voulu sortir de l'engrenage de la violence et de l'autodestruction voulue par des forces de la violence ; la reprise d'une vie, fondée sur le vivre ensemble (rareté des conflits entre personnes ayant soutenu les terroristes ou ayant été victimes) ont permis le retour de la sécurité et de la paix», a conclu le conférencier qui a approuvé les propos tenus par les représentants des familles des disparus présents au forum et qui ne revendiquent «que de retrouver leurs enfants ou leurs tombes pour faire leur deuil».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.lesoirdalgerie.com