Réforme fiscale ou révolution tranquille ?
Invité au forum d’El Moudjahid, le directeur général des impôts, M. Abderahmane Raouya, a brossé, hier, un tableau concernant l’avancement de la réforme fiscale en Algérie et ses principales tendances.
D’emblée, le conférencier a évoqué une baisse sensible de la pression fiscale notamment en ce qui concerne l’Impôt sur le revenu global (IRG) dont une révision des barèmes est attendue. Il subordonnera néanmoins cette baisse «en fonction des paramètres budgétaires et macro-économiques de l’Etat».
Lui emboîtant le pas, Smaïl Maouchi, un expert fiscaliste, estimera, pour sa part, que «les salariés sont les laissés pour compte de la réforme fiscale». Pour lui, la dernière revalorisation du SNMG porté, pour rappel, à 12.000 DA n’a pas eu d’impact significatif sur le pouvoir d’achat des salariés tant le barème de l’IRG reste élevé. Revenant à la charge, le DG des impôts s’est montré persuadé de la nécessité de réduire davantage la pression fiscale en faveur des petits contribuables. Pour illustrer son propos et prouver la volonté des pouvoirs publics en ce sens, il évoquera l’institution de l’impôt forfaitaire unique pour les commerçants.Du point de vue de l’administration fiscale, cette innovation a permis, selon lui, d’alléger le traitement des dossiers et même d’améliorer le recouvrement des impôts évalués, à fin 2006, à la coquette somme de 584 milliards de dinars. Abondant dans le même sens, M. Mohamed Ghenoum, sous-directeur à la DG des impôts, s’est montré très optimiste car, selon lui, cette réforme vient simplifier le système fiscal algérien et surtout rationaliser la gestion publique. Nombre de contribuables adhéreraient à ces propos jugés «lénifiants» par certains participants qui reconnaissent, toutefois, les efforts consentis en la matière. On peut citer à cet égard la promulgation de la loi de Finances pour 2006 qui a fait baisser notamment le taux de l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) de 30 à 25% et supprimer le versement forfaitaire. S’agissant de la TVA, celle-ci a été ramenée à seulement deux taux (14 et 7%). Pour les représentants de la DG des impôts, il s’agit d’une avancée considérable.
Ces derniers esquisseront ensuite une nouvelle organisation de l’administration fiscale qui sera opérationnelle, d’après eux, dès le mois de juin avec la création prochaine du premier «centre des impôts», une structure chargée, selon eux, de la collecte des impôts auprès de «la classe fiscale moyenne». La modernisation fiscale consiste, ainsi, à créer, selon eux, des centres de proximité des impôts, à informatiser l’ensemble des structures et à recycler enfin quelque 19.000 agents de l’administration fiscale.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com