Alger - A la une

Fortes turbulences à l'horizon



La lame de fond qui est en train de faire sortir de sa torpeur l'Algérie aura, à l'évidence, des répercussions sur le fonctionnement de l'ensemble des secteurs de la vie économique. A fortiori, l'activité automobile, refondée sous la houlette de Bouchouareb dans le seul but de se réapproprier, par copains interposés, un secteur en plein essor, laisse apparaître les premières fissures d'une reconstruction fragilisée dès les premiers jalons par des calculs d'enrichissement rapide et sans aucune perspective sérieuse de développement d'une industrie automobile nationale.Des mouvements de contestation sont signalés dans les sites industriels de certains assembleurs en herbe remettant en cause les conditions sociales et de travail du personnel et aussi le non-renouvellement pour d'autres des autorisations d'importation des kits d'assemblage ou, plus justement, des véhicules en entier. Il en est de même des autres projets achevés ou en voie de l'être et qui doivent désormais patienter jusqu'à l'émergence d'une nouvelle autorité issue de la révolution en cours pour l'obtention de l'agrément de mise en service.
Les derniers chiffres liés aux importations publiés par le CNTSID mettent en avant une baisse substantielle de la facture des collections CKD-SKD, notamment dans son volet véhicules de tourisme, où on relève une réduction de l'ordre de 57 millions de dollars, soit un taux de -28%. D'autant que la facture globale des importations continue à impacter négativement la balance des paiements du pays et que des restrictions sont d'ores et déjà proposées pour réduire le déficit.
Il est de ce fait probable et attendu que des perturbations soient signalées dans la disponibilité des véhicules au cours des prochaines semaines.
Par ailleurs, on apprend auprès de certains concessionnaires que le Salon de l'automobile d'Alger prévu initialement entre le 24 avril et le 4 mai prochains pourrait être ajourné. Il interviendra, en effet, en pleine période de transition politique avec la fin du mandat de l'actuel président et le début d'une période exceptionnelle non prévue par les textes fondateurs de la République avec toutes les incertitudes qui en découleraient.
Pour éviter de subir les éventuelles conséquences d'une telle situation, les acteurs du secteur ont entrepris des consultations pour envisager un report de cette manifestation vers le dernier trimestre de l'année en cours. Il serait même question de la décision déjà prise par certains de ne pas participer à cette édition au cas où elle serait maintenue par l'organisateur, alors que les redevances dues à la location des espaces ont déjà été réglées auprès de la Safex.
Une attitude tout à fait compréhensible dès-lors que les principaux intervenants actuels dans le domaine puisent leur légitimité directement auprès d'un système politicofinancier en déconfiture, ciblé et fortement décrié par les dizaines de millions de manifestants à travers le pays. Les portraits de certains de ces industriels ont même été brocardés parmi les symboles de la faillite de l'Etat algérien.
C'est dire que l'automobile, à l'image des autres secteurs de la société, traversera inéluctablement une zone de fortes turbulences et pourrait connaître, à moyen terme, des réaménagements structurels importants pour le repositionner dans une véritable trajectoire industrielle, loin des calculs mercantiles.
B. Bellil
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