Attitude - Depuis quelques jours, le football national s'est illustré, mais pas dans le bon sens du terme avec des affaires de joueurs gâtés et des clubs qui vivent une crise et qui faussent même la compétition.
Le président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua, a beau décrire un tableau peu reluisant sur la situation du football national, lors de ses récentes sorties médiatiques, mais sur le terrain, les choses empirent de plus en plus avec des affaires qui défraient chaque jour la chronique. A commencer par celle d'un club, le CR Témouchent qui, lors de la précédente journée disputée le week-end dernier, s'est fait ramasser par le NA Hussein-Dey sur le score de 0 à 10 en alignant une équipe composée de joueurs espoirs et juniors car les seniors sont en grève depuis un bon moment en raison d'une grave crise financière qui risque d'emporter le club. Ironie du sort, c'est dans cette ville, Aïn Témouchent, que l'Algérie va accueillir une partie de la CAN- 2013 des U20 dans le stade Omar-Sikki rénové à neuf, mais dont le club phare est en train de mourir à petits feux, sans que cela ne dérange personne. Pis encore, le CRT est en train de fausser la compétition et donc les destinées de plusieurs équipes du championnat de Ligue 2, au vu et au su des instances du football qui se trouvent devant un dilemme et un vide qu'ils n'ont pas prévu dans la réglementation. Le CRT illustre parfaitement et à lui seul l'échec d'un professionnalisme lancé à la hussarde et non réfléchi par ses concepteurs. La SSPA/CRT est en déconfiture totale après la démission de son président, Haddou Houari, sur le terrain c'est la débandade au point où un joueur, Abdelhamid Chahloul, pour ne pas le nommer, a décidé d'abandonner ses coéquipiers à quelques minutes du coup d'envoi d'un match après avoir constaté qu'il n'était pas sur la feuille de match. Ce genre de situation n'est, malheureusement, pas l'apanage des clubs modestes, car chez les grands c'est le folklore avec des joueurs qui se comportent comme des nababs et des dirigeants qui se croient tout permis. L'incident qui a eu lieu vendredi à l'issue du derby algérois entre l'entraîneur du Mouloudia d'Alger, Djamel Menad, et Hadj Bouguèche, renseigne également sur le mal profond qui ronge notre football. En arriver aux mains avec son coach pour l'avoir tout simplement fait remplacer en cours du match, ou un autre qui grogne parce qu'il n'a pas été retenu dans les dix-huit, voilà le summum de la déliquescence. Ce n'est d'ailleurs pas nouveau au Mouloudia d'Alger, surtout depuis qu'un certain Omar Ghrib s'est emparé du «pouvoir suprême», changeant les entraîneurs comme l'on change de chemise, se faisant copain avec les joueurs et s'ingérant même dans le domaine technique et tactique ! Il suffit qu'un joueur demande soi-disant des excuses pour que l'incident soit clos. Et là, on se demande où est l'intégrité, la forte personnalité et la responsabilité de l'entraîneur qui, souvent pour des raisons mercantiles, se laisse piétiner. Le MCA n'est pas le seul dans cette histoire puisqu'à la JS Kabylie, un autre grand club, un joueur a disjoncté la veille du match contre l'USM Alger, c'est Adel Maïza. Pis encore, son coéquipier Fayçal Belakhdar en est presque arrivé aux mains avec son entraîneur, Nacer Sandjak, qui ne l'a pas convoqué pour le match du week-end. Les deux joueurs ont claqué la porte du club et sont en même temps convoqués à passer en conseil de discipline et aplanir les différends entre ces derniers et leur coach et bien évidemment clore le dossier. Ces histoires pourrissent le football algérien et sont souvent sans lendemains comme les histoires de corruption, à l'image de l'affaire JS Saoura - USM El-Harrach qui a vite été enterrée. N'est-ce pas '
L'énigme
Qu'arrive-t-il à Menad '
L'entraîneur du Mouloudia d'Alger, Djamel Menad, est-il en train de perdre une des qualités qui a fait sa force par le passé ' Contesté depuis plusieurs semaines, le premier responsable des Vert et Rouge semble avoir perdu le contrôle de son groupe au point où la contestation ne cesse de s'amplifier. Pourtant, Menad est quelqu'un d'intransigeant lorsqu'il s'agit de la discipline. Cette dernière était son principal atout et a fait de lui un grand joueur, mais aussi un entraîneur qui savait se faire respecter. Menad ne revenait jamais sur ses décisions et personne ne pouvait oser piétiner ses principes. En 2007, pour sa première expérience de l'autre côté de la barre, l'ancien baroudeur des Verts avait hérité d'une équipe de l'USMA truffée de joueurs à forte personnalité. On se rappelle de l'épisode qui l'avait opposé à Issâad Bourahli, une des terreurs des terrains algériens. Menad n'a pas hésité un seul instant à le renvoyer, malgré le fait que le «Renard des surfaces» était l'un des meilleurs buteurs du championnat à l'époque. Devant l'intransigeance de Menad, la direction de l'USMA a dû se plier. Ensuite, l'ancien avant-centre a fait un long passage à la JSMB où il avait le soutien de la direction, à sa tête le président Tiab. Menad avait réalisé d'excellents résultats avec la JSMB et dès qu'il a senti qu'on commençait à s'immiscer dans son travail, il a claqué la porte. Au CRB, Menad était maître chez lui, dans un club qui l'avait fait découvrir au grand public en tant que joueur. Certains joueurs ont tenté de discuter ses choix, mais ils ont vite appris à leurs dépends que les ordres de Menad ne se discutent pas. D'ailleurs, Annane a été privé d'une finale de la Coupe d'Algérie, alors qu'il a seulement demandé d'être dispensé du match précédent face au CAB. Cette année, Menad a pris les commandes du MCA. Contrairement aux autres formations, il a du mal à «imposer sa loi». Les contestations s'enchaînent et cela touche la crédibilité du club et la personnalité de l'entraîneur. Tout le monde se rappelle les sorties de Chaouchi, Bouraba, M'Belé et dernièrement Sayeh et Zeddam, qui n'ont pas hésité à pointer du doigt l'entraîneur. Et maintenant, c'est le cas Bouguèche qui porte un coup à sa réputation d'homme de rigueur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A S B
Source : www.infosoir.com