Décidément, il semble que le bon sens est en train de l'emporter en matière de formation des jeunes. Après le formidable projet initié par Jean Marc Guillou en Côte d'Ivoire et récemment en Algérie, au Paradou plus précisément, avec les résultats que tout le monde sait, et surtout l'intérêt et l'impact médiatique qu'a suscité le centre de formation «JMG», voici que Gilles Cousin, un autre technicien français, adepte de la formation, envisage de lui emboîter le pas, à la différence que les orientations de ce dernier sont très originales. En effet, cet ancien joueur et entraîneur à Beausoleil, Cap-d'Ail, Menton puis à l'AS Monaco s'est distingué avec la fondation, en 1981, du centre de promotion sportive de la petite catégorie «Moussa Diop». Basée à Rufisque, au Sénégal, cette école de football dispose certes de moyens modestes, mais les résultats acquis aussi bien sur le plan national qu'international surtout lors de la dernière décennie, nous poussent à dire, sans risque de nous tromper, que Rufisque est une «mine d'or» de jeunes talents. En créant un entraînement spécifique dédié aux attaquants, devenus, par les temps qui courent, le principal problème de tous les entraîneurs et dirigeants. Cousin a déjà réussi un premier pari.
Et pourtant, cette conception existe déjà dans le rugby, où on trouve des entraîneurs chargés spécifiquement des compartiments offensifs et défensifs. «J'ai voulu créer quelque chose qui sort de l'ordinaire, tout en y apportant ma touche personnelle. Moussa Diop était un jeune milieu de terrain très adulé dans la région de Rufisque.
Il s'est éteint brusquement d'une rupture d'anévrisme. Ce centre lui a été dédié, et il connaît aujourd'hui un bel essor, malgré le peu de moyens dont on dispose. A Rufisque, on privilégie la technique et la vitesse, principales qualités des joueurs africains. C'est ce qui nous caractérise le plus», nous dira Gilles Cousin, l'initiateur de ce projet.
UNE FORMATION SPECIFIQUE ET ORIGINALE
Au sein de l'académie Moussa Diop, les objectifs sont clairement définis: acquérir une réputation sur le plan national et international. Avec une entame précoce dans le football, associée avec une formation alternative, ce centre de formation a déjà fait progresser les jeunes. Les futures stars de demain s'entraînent quotidiennement pour espérer sortir un jour de l'anonymat. «Outre le fait que les jeunes apprennent très tôt à taper dans le ballon, une formation scolaire leur est proposée, en plus de l'apprentissage d'un métier manuel.
Lorsqu'un jeune quitte l'Académie, c'est avec un brevet à la main. L'objectif étant d'amener ces jeunes à gagner leur vie: s'ils ne percent pas dans le football, ils pourront réussir dans les études ou leur carrière professionnelle», poursuivra notre interlocuteur. Sur le plan pédagogique, les exercices sont destinés à former des attaquants agiles et rapides. Dès leur jeune âge, les apprentis footballeurs commencent à s'habituer à la technique avec une balle de tennis. Quelques années plus tard et dans le cadre des entraînements réguliers, les attaquants bénéficient d'un programme spécifique, avec par exemple le travail exclusif face au bois, le développement de la concentration et la rapidité d'exécution. C'est l'une des spécificités de cette école de football, où l'orientation «pro-attaque» a porté ses fruits. On donnera d'ailleurs l'exemple du jeune Babacar Diop, le dernier pur produit de l'Académie Moussa Diop, qui est en train de faire actuellement les beaux jours du club turc de Kayserispor.
L'ALGERIE COMME TREMPLIN
Le fondateur du centre, Gilles Cousin, veut conquérir le vieux continent mais en attendant, il espère trouver des opportunités en Algérie qui représente pour lui «une vraie vitrine ouverte sur l'Europe». Comme Gillou, le technicien azuréen veut bâtir un solide partenariat avec un club professionnel algérien. «Le championnat d'Algérie est bon techniquement, malgré le fait que le pays ne dispose pas assez de structures», déplore Cousin qui, avec une éventuelle approche sur le Maghreb, il veut remporter d'autres batailles. «L'idéal serait d'atteindre l'Europe. Mais pour y parvenir, nous devons faire nos preuves en Algérie, qui représente pour nous un vrai tremplin. Entrer en partenariat avec un club professionnel algérien serait d'un apport «gagnant-gagnant» pour les deux parties, car si pour l'Académie ce sera une vraie bouffée d'oxygène, il n'en demeure pas moins que le club en tirera profit, non seulement en matière de résultats, mais aussi sur le plan financier, du fait que nos indemnités de formation sont exceptionnelles». Loin d'une volonté de récupérer une fortune sur le dos d'un joueur, c'est le parcours accompli et la renommée de l'académie «Moussa Diop», qui rendrait heureux l'ancien monégasque. «Je connais quelques clubs en Algérie, comme la JSMB, la JSK et le CSC.
Ce nouveau défi à long terme, que je me suis tracé, est très intéressant en matière d'échange d'idées, de pratiques et de perspectives. Le temps me donnera forcément raison», conclura notre interlocuteur. En somme, des terrains vagues de Rufisque aux pelouses de Ligue 1, les ambitions de Gilles Cousin n'ont visiblement pas de limites.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Benboua
Source : www.lequotidien-oran.com