
Le mercato entamé le 1er juin s'active. Au bout de deux semaines environ, la plupart des «grosses pièces» sont tombées dans les filets des clubs traditionnellement actifs à l'occasion des deux périodes d'enregistrement. La JSK, le MCO, le MCA, l'USMA, le CRB et l'ESS ont pratiquement bouclé leurs achats en effectuant des «prises» qu'ils estiment des meilleures.Cette ébullition du mercato estival cache, toutefois, mal la colère des agents de joueurs valablement accrédités pour ce genre de transactions. Et pour cause ! La dernière note de rappel émise par le bureau fédéral de la FAF semble remettre en cause le métier de manager en Algérie. Que disait la fameuse note de la FAF, publiée en janvier dernier et applicable à compter du prochain exercice 2016-2017 ' «Le Bureau fédéral regrette qu'après plusieurs rappels, certains clubs persistent dans le non-respect des clauses contractuelles les liant à leurs joueurs, tout comme certains joueurs favorisent la spéculation par des exigences salariales non justifiées. Devant cette situation, le Bureau fédéral rappelle que des décisions pour l'éligibilité des requêtes auprès de la CRL ont été prises et auxquelles s'ajoutent les suivantes:1 - Pour être admis à la CRL, la requête du joueur doit être déposée dans le mois suivant le non-paiement par le club des trois mois de salaire consécutifs.2 - Le joueur doit percevoir ses salaires mensuellement. S'il s'avère qu'il a exigé le paiement de plusieurs mois à l'avance sa requête sera rejetée.3 - Les justificatifs de paiement en espèce ne sont pas pris en compte par la CRL et tous les joueurs sont tenus de disposer d'un compte bancaire ou postal et le communiquer à leur club employeur. Les requêtes des saisons antérieures ne sont pas admissibles.»C'est donc dans un souci de réduire les litiges joueurs-clubs que la fédération a décidé de sévir sur la question. Le BF présidé par Mohamed Raouraoua avait promis la mise en place d'un nouveau règlement intérieur uniformisé pour les clubs. Promesse tenue à l'issue de la dernière réunion du Conseil d'administration de la LFP, le 1er juin dernier. Soit le jour même du lancement du mercato estival qui s'achèvera le 30 juillet. Une décision qui n'est pas sans créer la confusion au sein des clubs, chez les joueurs et leurs agents. C'est particulièrement l'article 2 de ladite note qui fait jaser tant les acteurs du football professionnel en Algérie. Le paiement des salaires à l'avance étant banni, tout ce beau monde semble «groggy».Les managers catastrophésPrincipales victimes de la nouvelle mesure fédérale, les managers pas contents d'accomplir un travail sans vraiment être certains de percevoir des indemnités. Des ristournes en fait. Un agent très crédible dans le milieu des managers de footballeurs a fait part, sous couvert de l'anonymat, de son «chagrin». «Ce n'est pas normal que je sois à la base du transfert, à partir des négociations jusqu'à la signature des contrats, pour me retrouver hors circuit le jour J. Si les clubs et les joueurs peuvent trouver leurs comptes, rien ne m'assure mes droits», lâche, coléreux, notre interlocuteur.Pour Mustapha Maza, autre principal agent reconnu sur la place d'Alger, «la question est complexe. Ceci dit, nos relations avec les footballeurs restent du domaine de l'informel. Si demain, les joueurs qui sont sous ma coupe décident de ne pas me régler mes indemnités, alors je n'y peux rien. C'est comme ça que ça se passe chez nous». Maza qui est derrière les transferts d'Asselah (CRB), de Yettou (RCA) vers la JSK et de Doukha (JSK) au NAHD semble comme «floué» par la nouvelle disposition réglementaire. Sa conviction est que les agents agréés régulièrement ne sont pas protégés. Ni par les règles qui fixent ce genre de transactions au niveau des instances du football encore moins devant la justice.A l'entendre parler, l'on se dit que le métier d'agent en Algérie n'est plus le même exercé ailleurs. Les déboires de l'international Algérien du Sporting Lisbonne avec son ancien agent, Choukri Yousfi, sont la preuve des risques encourus par un joueur qui n'honore pas les engagements contractés avec son agent. Un scénario qui n'est pas imaginable chez nous où, généralement, en cas de litige les agents disparaissent et laissent leurs clubs se débattre seuls face aux clubs réfractaires et une CRL aux ordres.En l'absence de contrats en bonne et due forme entre joueurs et agents, ces derniers ont la possibilité de se constituer en syndicat et réclamer un strapontin dans le circuit réglementaire de l'activité du football. «Un leurre», estime l'ancien virtuose de l'OMR et du MCA qui nous renvoie à la situation précaire des joueurs et des entraîneurs qui n'ont pas, non plus, une structure organisée pour défendre leurs intérêts. «Ce n'est pas la priorité», fait savoir encore Maza qui trouve sa «corporation» pas si différente des autres corps de métier.Des dessous de table en cours”'a la question de savoir s'il avait écho d'agents ayant réussi à convaincre les clubs à payer des avances de salaires à leurs clients, Mustapha Maza se refuse à polémiquer. «Je n'ai pas entendu parler de ces cas», s'est-il contenté de répondre. Le consultant TV confirmera juste l'information selon laquelle Doukha n'a pas conclu avec la direction du CRB en raison de cette nouvelle disposition qui empêche les clubs d'offrir des avances sur salaire. Le gardien international a préféré signer chez les voisins du NAHD où il semble bien avoir trouvé un terrain d'entente qui puisse contourner la réglementation. Et Doukha ne serait pas un cas isolé de ces clubs forcés (ou consentants) devant les desiderata des joueurs et de leurs agents. Aussi, la rumeur a des odeurs que celle de la chorba du Ramadhan ne peut étouffer. Des clubs ont versé des avances sur salaire à leurs nouvelles recrues. Sous la table, certainement. L'artifice est connu : les gros salaires du MCA, à l'exemple de Hachoud Abderrahmane, se font virer des montants d'argent avant le début de la saison. La somme représente généralement la différence sur les salaires nets à payer. La Sonatrach ne pouvant, dans le cas de Hachoud dont le salaire réel est de 3 millions de dinars, virer un salaire dont le montant dépasse les émoluments fixés sur le contrat établi (120 millions de centimes). La FAF et la LFP, en charge des affaires du football, ont pris la précaution d'avertir les joueurs de solliciter leur structure en cas de litige s'il s'avère qu'ils ont touché des avances. Un risque que nombre de footballeurs prennent allègrement. La réalité du terrain a souvent révélé que les transferts en Algérie obéissent à des règles qui n'ont rien à voir avec les règles de la commercialité. Un footballeur qui réclame un salaire de 180 millions de centimes ne touchant, en réalité, que 70 à 80% au mieux, du montant négocié. La différence atterrit généralement dans les poches du négociateur du club et l'intermédiaire pompeusement appelé agent de joueurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com