Le FLN attend les directives de son président Bouteflika pour décider de
la suite à donner aux travaux qui ont été entrepris en prévision de la tenue de
son 9e congrès.
« Vous voulez savoir quelle est la limite entre président d'honneur et président
du parti ? L'essentiel pour nous et que M. Bouteflika a été de toujours et
reste militant du FLN. Son avis est important pour nous », nous a déclaré,
jeudi, Abdelaziz Belkhadem après avoir animé une conférence de presse à l'issue
d'une semaine de réunions de ses instances. «J'ai envoyé les documents au
président de la République, il est le président du parti et il le dirige », a
souligné le SG du FLN. Pourquoi cette session du conseil national aurait-elle
plus d'importance que celles qui l'ont précédée ? lui avions-nous demandé lors
de cette conférence. « C'est parce qu'elle prépare le 9e congrès, c'est cela
qui la différencie des autres », a-t-il répondu simplement. Il rappelle que le 8e
congrès s'est achevé le 1er février 2005.
« Si nous dépassons le 1er
février 2010, nous rentrerons dans l'illégitimité, non pas institutionnelle,
mais on aura ainsi dépassé notre mandat. On devrait donc tenir notre 9e congrès
à cette date. Mais nous ne sommes pas prêts, il y a des commissions qui n'ont
pas encore terminé leur travail. J'ai reçu le dernier rapport deux jours
seulement avant la tenue de ce conseil national », a-t-il expliqué. Il dira
alors que « nous allons vers un congrès ni sous la pression ni sous la
contrainte ». Belkhadem se déclare ainsi « pour une participation la plus large
des bases du parti dans le débat, c'est pour cela qu'on n'a pas donné de date
précise à la tenue du congrès ». Le comité exécutif a, selon lui, arrêté « une
plage, celle du 1er trimestre 2010, c'est-à-dire jusqu'au 31 mars prochain ».
Au-delà des bruits de coulisses qui disent qu'il est pour sa tenue le 19 mars
prochain, le SG du FLN lancera « si nous dépassons cette date, demandez-nous
des comptes ».
Interrogé sur le rapport élaboré
par la commission « message de novembre » qu'a présidée Abderrazk Bouhara, le
SG du parti s'est référé aux écrits de presse qui en ont fait état et qui ont
noté son rejet par le comité exécutif pour indiquer qu'«il est nécessaire de vérifier
l'information avant de l'écrire, sinon, ça devient une rumeur». Mais il ajoute
« celui qui pense avoir un poids dans la presse ne l'a pas forcément au sein du
FLN ». L'on ne saura pas si Belkhadem visait la personne de Bouhara ou pas.
Mais il précisera au sujet de ce rapport que « nous sommes pour le débat
d'idées parce que l'autosuffisance ne nous permet pas d'avancer. Ceci étant,
l'autoflagellation ne nous rend pas non plus service ». Il estime que pour tout
ce qui est des référents du parti, il est nécessaire de bien les préciser,
sinon, a-t-il souligné, « qu'est-ce qui nous différencie des autres partis ? »
A en comprendre ses propos, il était donc question pour cette commission de se
référer dans ces travaux précisément au message de novembre. « Tout le monde se
réfère à novembre mais le FLN se doit de le faire pour préserver sa date de
naissance », a-t-il dit.
Le socialisme ou l'Etat social
figure aussi dans les référents du parti même si son SG a eu à préciser que «
nous avons adopté le socialisme dans une conjoncture particulière ». Il fait
savoir que « dans ce rapport, ils ont parlé du FLN de 54 à ce jour, il s'agit
donc d'un parcours historique, on peut enlever ce qu'on veut et laisser ce
qu'on veut ». Mais, affirme-t-il, « les militants sont matures, ils savent ce
qu'ils doivent faire ». Pour plus de clarification à propos du rapport Bouhara,
Belkhadem fait savoir que « ne descend à la base que les documents qui ont ou
l'unanimité ou font le consensus.
Et tout ce qui est jugement est
supprimé des documents. » Ceci pour dire implicitement que le document Bouhara
n'ira pas à la base. «Ce n'est pas une censure. C'est un avis certes qu'on
respecte mais il n'engage que ses auteurs», a-t-il affirmé. Et pour que l'on
sache que le FLN a « toujours eu des débats d'idées », il rappelle que « si
vous avez connu les turbulences vécues par le FLN avant... aujourd'hui, nous
sommes sur du velours ».
«Nous devons connaître notre place»
Belkhadem rappelle aussi que « on
est arrivé à nous battre au sein du FLN, aujourd'hui, nous sommes rassemblés,
nous sommes unifiés et unis... » Mais par rapport à qui, le FLN cherche-t-il à
se distinguer ? « De tout le monde, répond Belkhadem, à l'intérieur et à
l'extérieur de l'alliance présidentielle. Si tout le monde a les mêmes
référents, alors pourquoi on est 27 ou 32 partis ? » Certes, dit-il, « la
maison est grande, elle suffit à tout le monde, mais nous devons connaître
notre place ». A une question sur la place des femmes dans les élections
sénatoriales de cette semaine, le SG du vieux parti a d'abord noté que « nous
sommes prêts à concrétiser la disposition constitutionnelle qui leur accorde
leur place dans les instances politiques, d'ailleurs, elle existe dans les
statuts du parti, nous sommes en train de la discuter. Et le 9e congrès la
prendra en compte ».
Pour lui, « l'homme et la femme
se meurent au sein du parti par leur degré de nationalisme et leur compétence à
assumer des responsabilités ». Il note quand même que « pour les primaires
sénatoriales, les femmes ne sont pas sorties, on ne sait pas pourquoi ? »
Qualifiée de contre nature par tous, l'alliance RND-PT laisse dire à Belkhadem
que « on n'a rien contre,(...), le RND avait déjà des cheveux blancs dès sa
naissance (...). S'ils se sont alliés, c'est bien, une telle alliance ne nous
fait pas peur. Si on prend en compte les chiffres des sénatoriales, nous avons
la majorité à l'aise. » Le FLN veut, selon son SG, « des alliances naturelles
parce que les alliances politiques doivent avoir une référence claire. Par
exemple, nous sommes dans l'alliance présidentielle parce qu'elle a une base
celle de la mise en oeuvre du programme du président. » Dans ce cas, « si les
alliances ne sont pas à leur place (allusion faite à celle RND-PT) nous nous
devons, dit Belkhadem, de nous poser des questions ».
«Dent pour dent, oeil pour oeil!»
Le SG du FLN n'aime pas trop le
mot crise pour se rappeler ce qui s'est passé entre l'Algérie et l'Egypte. « Je
ne sais si on peut l'appeler ainsi, après tout ce n'est qu'un match de foot. »
Il rendra hommage aux Egyptiens qui n'ont pas été d'accord « comme l'ancien
ambassadeur de l'Egypte à Alger et bien d'autres, que Dieu les récompense ».
Mais « tous ceux qui ont porté atteinte à notre patrie, notre terre, notre
emblème, notre personne, notre histoire, nous leur disons dent pour dent et
oeil pour oeil ! », a-t-il lancé. Et, ajoute-t-il, « s'ils s'estiment
différents de nous, ils n'ont qu'à le prouver. Mais aujourd'hui, on a gagné sur
le terrain ; c'est fini, ils ne peuvent rien faire ! »
La nouvelle loi française
prévoyant l'indemnisation des victimes des essais nucléaires doit, selon
Belkhadem, introduire des différences. « Ils ont fait 4 essais dans l'air libre
et 11 autres dans des tunnels qu'ils ont construits à cet effet.
Nous ont fait souffrir les affres
à notre peuple, ils ont fait des expériences sur notre terre d'uranium et de
plutonium, ils ont porté atteinte à nos valeurs... » Pour lui, « quelles que
soient les indemnisations, même si ce sont des milliards, nous exigerons
toujours les excuses de la France à notre peuple ». Il paraphrasera Chirac pour
rappeler qu' « il a dit une nation grandit quand elle reconnaît ses erreurs.
Les Français n'ont qu'à commencer par l'appliquer pour eux-mêmes ! »
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com