
Par Naoufel Brahimi El MiliLes redresseurs, ce vocable apparu à la fin du premier mandat présidentiel de Bouteflika, occupent de nouveau l'actualité du FLN. Déjàen 2004, les «ancêtres» de ces redresseurs avaient pour objectif d'éliminer Ali Benflis de la tête de l'ex-parti unique afin de lui barrer la route de la présidence.Souvenez-vous, ils se sont réunis à Djelfa pour créer un FLN-bis, une sorte de coup d'Etat scientifique pour reprendre l'expression de Abdelkader Hadjar (le Talleyrand algérien ') désignant la manœuvre de mise à l'écart de Abdelhamid Mehri, en 1996, alors patron du FLN.Le parti du 1er Novembre n'a quasiment pas été un parti du pouvoir mais a toujours été un enjeu de pouvoir. Ces luttes sont aggravées par une fin de règne s'étalant sur presque une décennie mais qualifiée par les tenants du système de transition.En Algérie, la maturation du processus démocratique dispose encore d'une formidable marge de progression. La légitimité demeure celle de la révolution que détient symboliquement, du moins dans l'imaginaire collectif, le FLN. De ce fait, ce parti est un élément indispensable pour la confection d'un président de la République. Multipartisme oblige, des ersatz sont mis en place pour faciliter le prêt-à-voter, que ce soit le RND, le MSP ou autre start-up. Printemps arabe oblige, sont apparus des avatars connus sous les appellations très contrèlées de TAJ ou de MPA, entre autres.La mécanique bien rodée pour la reconduction d'un président nommé en 1999, touche ses limites seize ans plus tard face à des contraintes biologiques aussi inévitables que prévisibles. Mais l'amour du pouvoir produit des desperados jusqu'au-boutistes mais bien soutenus de par les quelques centaines de milliards de dollars en réserve dans les banques occidentales ou dans des sous-sols prometteurs de type de gaz de schiste.Le statu quo est recommandé et favorisé, d'où les grands-messes franco-algériennes à répétition. François Hollande est attendu à Alger, où son accueil sera plus chaleureux que celui réservé à sa compagne dans une boîte de nuit à Cannes. Le pouvoir algérien est une boîte noire qui livrera ses secrets seulement après un crash fatal.Toutefois, ce quatrième mandat se distingue par des particularités. Un Président qui ne s'adresse au peuple qu'à travers des messages lus par ses obligés à des dates-anniversaires, un peu comme le calendrier des saints qui organise une présidence liturgique.Les scandales de corruption ont désormais un retentissement international, que ce soit l'autoroute Est-Ouest, dont le ministre en charge n'est ni responsable ni coupable, ou encore celui de Sonatrach II. L'instruction de ce procès est assurée par le parquet de Milan assez peu sensible aux injonctions d'El-Mouradia. Lors de ces deux procès, les noms mentionnés par les diverses parties recoupent l'essentiel du trombinoscope officiel algérien, celui de la prédation. L'une des nouveautés réside dans l'impossibilité du pouvoir algérien de domestiquer une justice européenne. Le boulet ne passera pas très loin. La présidence algérienne a déjà fait une reculade en procédant à un remaniement ministériel curieux en deux temps et à cinq jours d'intervalle.Pour le pouvoir, une question plus épineuse demeure : le sort de Saâdani ' Oui ce personnage politique qui est plus à l'aise à Neuilly qu'à la tête du FLN, sera-t-il sacrifié par le clan présidentiel ' Peu importe, une sortie par le haut, concernant le Neuilléen le plus célèbre d'Algérie : lui qui a été président de l'Assemblée nationale, peut prendre la présidence du Sénat. Son rang protocolaire croîtrait avec son patrimoine hexagonal, pourquoi pas ' La question n'est pas tant le devenir d'un patron du FLN fût-il éphémère et contesté. Le sujet est celui du syndrome du «bachagha Boualem», de celui qui ont collaboré avec un régime impopulaire, se retrouvent en France. Avec la double différence, les bachaghas n'ont jamais tenu officiellement des propos nationalistes ; aussi rares sont les bachaghas qui se retrouvent résidents dans le voisinage immédiat de l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine.Un rappel de traduction pour les bachaghas du FLN : la Seine est l'oued.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B E M
Source : www.lesoirdalgerie.com