Alger - Revue de Presse

FLAMBÉE DES PRIX DU PÉTROLE



Le baril sans pitié
Il a enregistré, hier, à New York, un gain de 1,42 dollar, atteignant 136,78 dollars à la mi-journée. «Les prix du pétrole continueront à grimper jusqu’à la fin de l’année», a déclaré, hier matin, le ministre algérien de l’Energie et des Mines, M.Chakib Khelil, sur les ondes de la Radio nationale (Chaîne III). Une annonce inquiétante pour les pays consommateurs. La rencontre de Djeddah s’étant, en toute apparence, avérée infructueuse pour mettre fin à une hémorragie qui dure, maintenant, depuis plusieurs mois. «Le manque de prise de décisions immédiates pour lutter contre la hausse des prix de l’or noir, au-delà de l’annonce saoudienne, a dû décevoir nombre d’acteurs du marché, et devrait continuer à faire grimper les cours», ont fait observer certains spécialistes du pétrole.Le Sommet de Djeddah, qui a regroupé 36 représentants des pays consommateurs et producteurs, 22 compagnies pétrolières et 7 organisations internationales, devait essayer d’identifier les causes qui ont poussé le baril de pétrole à flirter avec la barre des 140 dollars, il y a seulement quelques jours.De surcroît, en annonçant de manière aussi fracassante qu’inattendue une hausse de leur production, les Saoudiens pensaient donner le coup de rein nécessaire pour enrayer l’envolée des prix de l’or noir. Ce fut un coup d’épée dans l’eau. L’histoire de l’arroseur arrosé. Le Royaume wahhabite s’est retrouvé bien esseulé. L’effet escompté n’a pas eu lieu. Alors que l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, campait solidement sur ses positions. Son président en exercice, M.Chakib Khelil, continuait à faire de la résistance.«Le marché pétrolier est suffisamment approvisionné et toute hausse de la production par les pays membres de l’Opep était inutile dans l’immédiat.» Il ne pensait certainement pas si bien dire.Dès l’ouverture de la conférence, le souverain wahhabite annonce que l’Arabie Saoudite avait déjà augmenté sa production. Elle est passée de 9 à 9,7 millions de barils par jour en quelques mois. Dans la foulée, le ministre saoudien du pétrole déclare: «Compte tenu de notre capacité excédentaire actuelle...l’Arabie Saoudite est prête, pour le reste de l’année, à produire des barils de brut, supplémentaires au-dessus des 9.7 millions de barils par jour que nous projetons de produire, en juillet, si la demande pour de telles quantités existe.»L’Arabie Saoudite serait donc prête à accroître sa production avant la réunion de l’Opep prévue au mois de septembre à Vienne, dans la capitale autrichienne. A-t-elle transgressé la position commune de l’Opep? «La décision de l’Arabie Saoudite est souveraine», a élégamment répondu Chakib Khelil. L’initiative du Royaume wahhabite est de toute façon vouée à l’échec, a-t-il probablement pensé en silence.Les marchés pétroliers sont restés sourds aux annonces en provenance de Djeddah. Ils ont aussi bien ignoré la disposition de l’Arabie Saoudite à augmenter sa production jusqu’à 15 millions de barils par jour. Raâd Al-Kadiri, analyste du cabinet spécialisé PFC Energy, résume la rencontre de Djeddah: «Il y a eu de la part des pays producteurs et consommateurs une forte détermination à vouloir coopérer mais peu de résultats concrets.»L’initiative saoudienne est toutefois qualifiée de positive par ce spécialiste. «Il s’agissait de la part de l’Arabie Saoudite, de faire accepter au monde la responsabilité collective d’un phénomène dont ils estimaient être tenus pour seuls responsables», a expliqué Raâd Al-Kadiri. Le miracle n’aura donc pas lieu. «Il ne faut pas parier à une baisse des prix» a déclaré le président de l’Institut français du pétrole, interrogé par la radio française France-Inter.«Il faut s’attendre à une poursuite de l’augmentation des prix, si rien n’est fait», a pronostiqué Olivier Appert. «Le baril à 200 dollars, c’est possible», a-t-il estimé. Tandis qu’un baril à 300 dollars d’ici 2015 «n’est pas impossible», a répondu M.Appert à une telle hypothèse. La messe semble dite. Le baril de pétrole sera sans pitié.
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