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Finies les privatisations d'entreprises publiques en Algérie, place aux "prises de participation"



Finies les privatisations d'entreprises publiques en Algérie, place aux
La privatisation des entreprises publiques algériennes, officiellement stoppée, revient par la petite porte. Elle prend la forme de prises de participations d'entreprises privées dans les actifs d'entreprises publiques en difficulté. Réda Hamiani, président du Forum des chefs d'entreprises (FCE), la principale formation patronale, l'a confirmé lundi, précisant que cette formule a l'aval du chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal.
Le président du Forum des Chefs d'Entreprises, M. Réda Hamiani, a annoncé lundi, au cours d'une émission de radio, une nouvelle formule de privatisation des entreprises publiques, qui se fera par le biais de partenariats entre entreprises publiques et privées. "Qu'on appelle ça privatisation ou prise de participation, peu importe", pourvu que soit assurée "la relance technique des unités" de production, a déclaré Hamiani au cours d'une émission de radio. Cette formule vise à permettre aux entreprises privées algériennes de prendre des parts dans des unités, à l'arrêt, appartenant à des entreprises publiques, et que celles-ci n'arrivent pas à relancer. Une première a été réalisée la semaine dernière avec l'entrée de la firme Benamor dans le capital de l'entreprise ERIAD (minoterie). "Le gouvernement n'est pas du tout coincé sur l'idée d'associer le public et le privé", a déclaré M. Hamiani, qui a annoncé une prochaine rencontre entre le patronat et les SGP (société de gestion de participation, holdings qui gèrent les fonds publics), en vue d'examiner les possibilités de "sauvetage et de relance" de certaines unités en difficulté.
En parallèle, le gouvernement et le patronat ont mis en place un comité chargé "d'améliorer le climat des affaires". Son action va "concerner toutes les administrations", a indiqué M. Hamiani, pour qui cette action nécessite "de la détermination". "Il faut de la volonté politique réelle et effective", a-t-il dit, affirmant avoir décelé une "volonté évidente" du premier ministre Abdelmalek Sellal en ce sens. Le chef du gouvernement est "très soucieux de nous associer à la démarche gouvernementale pour relancer l'appareil de production". Il est aussi "très disponible, très à l'écoute", a dit Hamiani, qui a couvert d'éloges le premier ministre, qui n'est "pas coincé à l'idée d'associer des entreprises publiques et privées algériennes". Réda Hamiani a toutefois déploré "le manque de vision économique générale". Selon lui, les règlementations successives ont débouché sur une situation difficile, et "l'exercice de l'activité économique est devenu inextricable". Le constat de M. Hamiani est sans appel. "Notre économie est en panne. Elle est malade de son industrie", qui assure moins de 5% du PIB.
Tout revoir, "procédure par procédure"
Le comité mis en place avec le ministère de l'Industrie va tout réexaminer, "procédure par procédure, administration par administration". Comme propositions immédiates, le patronat a d'ores et déjà été convié à participer à des rencontres destinées à revoir les procédures des douanes, pour accélérer les délais. Le FCE demande également que les entreprises soient autorisées à racheter du matériel rénové en Europe. Selon M. Hamiani, des équipements de bonne qualité peuvent être récupérés auprès d'entreprises européennes touchées par la crise, ce que la législation algérienne ne permet pas. Il a également fait état d'une "mortalité très élevée d'entreprises" détentrices de marchés publics, mais qui ne sont pas payées, ce qui les contraint à cesser leur activité. "Les conditions de l'économie ne permettent pas aux entreprises algériennes de grandir", a-t-il déclaré. Le patron du FCE a aussi repris les récriminations traditionnelles des entreprises privées à l'encontre des banques. Il a expliqué la faible envergure des entreprises algériennes pas le "non accompagnement de la part des banques, qui ne donnent pas suffisamment de ressources financières". Il a également contesté l'orientation des crédits accordés par les banques algériennes aux entreprises. Selon la Banque d'Algérie, 52% des crédits vont au secteur au privé, mais selon M. Hamiani, ces financements ne vont pas à l'investissement productif, mais concernent toutes formes d'aides, comme l'ANSEJ. Selon lui, seuls 2% de ces fonds vont à l'investissement productif. Autre constat alarmant, "le marché algérien nous a échappé", a reconnu M. Hamiani. "Le marché local s'est effondré face à la concurrence des produits importés", dit-il à ce propos.
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