La loi sur l'exercice des professions d'expert-comptable, de commissaire
aux comptes et de comptable agréé a été promulguée et publiée au dernier JO.
Grosso modo, il n'y pas de grandes nouveautés dans ce texte par rapport à celui
qui avait été soumis, au départ, au vote au niveau de l'APN.
Le texte sur ces professions
indique notamment que «il est créé un conseil national de la comptabilité placé
sous l'autorité du ministre chargé des finances, ayant pour missions
l'agrément, la normalisation comptable, l'organisation et le suivi des professions
comptables. Le conseil comprend, au moins, trois (3) membres élus représentant
chaque organisation professionnelle». Avec beaucoup de restrictions et de
contrôle rigoureux sur ces professions, le texte souligne notamment que «nul
expert-comptable, commissaire aux comptes ou comptable agréé ne peut être
inscrit au tableau de l'ordre national des experts-comptables, de la chambre
nationale des commissaires aux comptes ou de l'organisation nationale des
comptables agréés, s'il n'a pas été, au préalable, agréé par le ministre chargé
des finances».
En outre, pour exercer la
profession d'expert-comptable, la profession de commissaire aux comptes ou la
profession de comptable agréé, il faut remplir certaines conditions, dont celle
d'être «de nationalité algérienne», ce qui exclut de facto les bureaux
d'expertise ou de comptabilité dirigés par des étrangers. L'ordre national des
experts-comptables est également institué. Le texte souligne à cet effet qu'il
est «créé un ordre national des experts-comptables, une chambre nationale des
commissaires aux comptes et une organisation nationale des comptables agréés,
dotés chacun de la personnalité morale, regroupant les personnes physiques ou
morales agréées et habilitées à exercer la profession d'expert-comptable, la
profession de commissaire aux comptes et la profession de comptable agréé, dans
les conditions fixées par la présente loi».
Mais, sur les objectifs réels de
cette loi, le ministère des Finances, que les professionnels soupçonnaient de
vouloir reprendre la main sur ce secteur, le gouvernement était resté évasif
lors de la présentation du projet de loi devant le Conseil de la nation. Aux
questions des sénateurs sur les objectifs de ce texte, le ministre des Finances
avait indiqué qu'il «(le projet de loi) vise à réorganiser cette profession en
vue de l'adapter aux exigences économiques internationales et répondre aux
préoccupations de bonne gestion des entreprises publiques et privées». «Ce
texte s'adapte aux réformes engagées par les pays, considérés comme les plus
libéraux, ayant promulgué de nouveaux textes en vue de renforcer le contrôle
financier des entreprises, notamment dans le cadre des retombées de la crise
économique mondiale». Au final, la nouvelle loi conforte les choix du
ministère: pas de bureaux étrangers exerçant ces professions en Algérie. Pour
le gouvernement, il s'agit de «mettre à niveau les cadres algériens en vue de
faire face à la concurrence internationale dans ce domaine». Pour autant, le
nouveau texte sur les professions d'expert-comptable, de commissaire aux
comptes et de comptable agréé vise, selon des milieux spécialisés, à mieux
contrôler les dépenses et la gestion des grandes entreprises nationales, après
les différents scandales financiers qui avaient ébranlé les assises de l'économie
nationale. Et, dans ce registre, le scandale qui secoue Sonatrach n'est ni
isolé, ni le seul, mais seulement la partie immergée de l'iceberg des
détournements, de pots-de-vin et de gabegie dans les finances de grandes
entreprises nationales, mais également au niveau des banques et de certains
organismes publics. Le nouveau dispositif juridique est clair et vise notamment
la réorganisation de l'exercice de la profession de comptable, régie pendant
presque vingt ans par la loi 91-08, et qui «a montré toutes ses limites dans la
conduite et l'accompagnement des changements intervenus dans la sphère
économique et dans la profession comptable sur le plan international», estiment
des cadres du ministère des Finances. Bref, à l'avenir, les professionnels du secteur
seront «surveillés de près», et «l'accès au métier sera très sévère», estiment
des experts. Actuellement, cette profession compte au niveau national
561experts-comptables, 524 commissaires aux comptes et 932 comptables agréés.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com