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Finance islamique



Finance islamique
Pour certains, il n'existe pas encore de système socioéconomique alternatif au capitalisme, en dérive aujourd'hui. Pourtant, une véritable révolution mondiale est en train de s'opérer, donnant naissance à l'économie participative ou collaborative et pour laquelle le financement islamique assignera plus de dimension.Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - L'alternative au modèle de la compétition effrénée et de l'individualisme, appliqué actuellement, consacre le contre-type de celui-ci. En effet, l'économie participative, déjà pensée par des économistes américains dans les années 90, a pour appui et pour finalité l'épanouissement de l'esprit communautaire et collaboratif dans une harmonie sociétale.Cette nouvelle forme rompt avec celle de la société industrielle imposant une barrière entre les consommateurs et les producteurs. Concrètement, l'économie participative présente ses principes fondamentaux dans son appellation même : la participation de citoyens à la production d'une richesse commune bénéfique pour l'ensemble des collaborateurs. Une économie qui donne naissance à ce qu'elle qualifie de pro-sommateurs (producteurs et consommateurs à la fois) ou encore co-créateurs.Evidemment, ce modèle n'aurait pas fonctionné quelques décennies en arrière puisque ce sont, justement les nouvelles technologies de l'information et la démocratisation de la connexion internet qui ont permis son essor. La création et l'expansion des communautés virtuelles sont devenues plus simples grâce aux innombrables réseaux sociaux et aussi professionnels. Et la connexion d'individus, sur le plan international, partageant les mêmes centres d'intérêt ou idées entrepreneuriales donne plus de sens à l'économie participative aujourd'hui. Ainsi, des applications et sites sont nés dans ce sens afin que des particuliers mutualisent leurs biens (immobiliers, moyens de transports”? les possibilités sont infinies), même au-delà des frontières. D'autres plateformes consacrent le financement d'idées innovantes élaborées par des jeunes. Et que des citoyens du monde peuvent participer à leur réalisation s'ils les jugent en faveur de l'intérêt général à travers un don sans contrepartie ou une participation au capital.Il est vrai que ce modèle participatif n'a pas encore le poids que représente le capitalisme aujourd'hui, toutefois elle occupe une place de plus en plus croissante et engage de plus en plus de militants dans cette voie ; dans les pays occidentaux particulièrement. Car persuadés des retombées désastreuses que peuvent générer les dérives capitalistiques et spéculatives même au rang des Etats.Dans ce contexte, les banques appliquant un financement islamique, également appelé participatif, peuvent apporter une véritable plus-value. Un financement qu'a conseillé Christine Lagarde, directrice générale du FMI, pour repenser le système ultra-capitalistique fondé sur l'intérêt spéculatif. Loin d'être un financement dogmatique, le financement islamique est simplement basé sur l'existence d'un véritable échange. Evidemment, il peut être passif à travers el moudaraba ou actif par el moucharaka (participation au processus décisionnel). Il existe d'autres formules pour ce financement qui excluent tout autant l'intérêt et minimise le facteur de l'incertitude; il ne s'agit là que des principales.Un financement qui a, certainement, pris racine dans le monde arabo-musulman, mais que les Occidentaux sont les premiers à investir, à fructifier, à enseigner et à s'en inspirer pour repenser le modèle économique actuel.
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