
«Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord» Triste déclaration revendiquant l'apport «positif» de la colonisationNous étions en août 2016 et François Fillon lançait sa campagne électorale pour avoir l'investiture de son parti, Les Républicains.En 2008, celui qui était alors Premier ministre français avait déclaré dans les colonnes d'El Watan et El Khabar : «Je souhaite aujourd'hui redire aux autorités algériennes qu'elles peuvent compter sur la France.Oui, la France et l'Algérie ont un avenir commun», «Elles doivent se tourner vers l'avenir, en faisant les efforts nécessaires de part et d'autre pour regarder le passé en face». C'était lors de sa visite à Alger en 2008 (la première de ce niveau depuis 22 ans).En mars 2016, revirement, par une pirouette visiblement électoraliste qui lui a réussi, il avait fustigé la décision du président socialiste, François Hollande, de célébrer en personne l'anniversaire du 19 Mars 1962, journée officielle en France quant au souvenir de la guerre d'Algérie : «Célébrer le 19 mars, c'est exprimer à l'égard des victimes, c'est-à-dire des harkis et des pieds-noirs, une forme de mépris, donc c'est une division.» Cependant, le carré dur des indécrottables nostalgériques ne figure pas dans le casting de l'équipe filloniste. Les défenseurs de l'Algérie française étaient plutôt nombreux et vindicatifs dans l'entourage proche des candidats qu'on peut qualifier de réactionnaires : Nicolas Sarkozy (qui a plusieurs fois menacé l'Algérie de catastrophe, camouflant son langage sous l'intitulé «Afrique du Nord», jusque dans le dernier débat du jeudi 17 novembre, craignant une masse de migrants sur les côtés françaises - sic -) ou de Jean-François Copé (0,3% des votes dimanche soir).Sur l'autre versant, plus diplomate, on retrouve le second de la course électorale de la droite et du centre : Alain Juppé. Au moment du choix, c'est peut-être d'ailleurs son point de vue sur l'Algérie qui lui aura valu quelques inimitiés dans le camp des électeurs de droite qui n'ont jamais pardonné la perte de l'Algérie coloniale. Pourtant, l'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères français a tenté d'arrondir les angles pour ne fâcher personne : «Je n'évoquerai pas ici l'histoire, les cicatrices se referment et ce n'est pas une raison pour oublier, la mémoire reste active, mais je crois qu'il faut se projeter dans l'avenir».Ce qu'il disait lors de son voyage à Oran et Alger en février 2016. Il naviguait à contre-courant, sur une mer instable sur laquelle il voulait souffler un vent calme, notamment en étant le seul à désigner officiellement en Algérie un représentant spécial. Au-delà des positions consensuelles affichées après son entrevue avec le président Bouteflika (économie, situation géostratégique, lutte contre l'islamisme terroriste), il eut malgré tout sur le Sahara occidental trois mois plus tard une phrase qui agaça Alger : «Pour arriver à une solution juste et durable, je pense fermement que la proposition marocaine constitue une base solide, qui permettra de résoudre ce conflit qui dure depuis 40 ans.»L'affaire est aujourd'hui quasiment tranchée, le très conservateur François Fillon sera vraisemblablement le champion de la droite classique pour s'élancer vers l'élection présidentielle de 2017, avec un ton certainement atténué lorsqu'il faudra rassembler sa famille politique derrière sa cocarde.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Mebarek
Source : www.elwatan.com