Le nucléaire, la défense et surtout l’UPM
Le Premier ministre français, François Fillon, sera, aujourd’hui, à Alger. Une visite de deux jours devrait permettre la conclusion de deux accords dans la coopération civile nucléaire et la défense.
C’est du moins ce qu’a annoncé le président Nicolas Sarkozy en dé-cembre dernier lors de sa visite en Algérie. Le Premier ministre français devra également s’enquérir des hésitations et de la prudence de notre pays par rapport au projet de Sarkozy. En effet l’Algérie n’a pas encore tranché clairement sur le projet de l’Union pour la Méditerranée compte tenu de ses contours encore flous. Personne ne sait, dans ce même ordre d’idées, si l’Algérie participera ou non à son lancement solennel à Paris le 13 juillet prochain à travers la présence du président de la République. Abdelaziz Bouteflika a, certes, reçu une invitation de son homologue français, mais rien ni personne ne peut affirmer que le président de la République algérienne sera présent au rendez-vous tant attendu par les Français. Les responsables français ont, dès lors, entamé un ballet diplomatique pour convaincre, au plus haut sommet de l’Etat algérien, de l’impératif d’adhérer à ce projet. Après donc Jean-Louis Borloo, Michèle Alliot-Marie, Bernard Kouchner et Fadéla Amara, François Fillon viendra avec ses arguments pour plaider les bienfaits de l’Union pour la Méditerranée. Le premier ministre français, à ce propos, aura à rencontrer le président algérien pour lui faire un exposé sur cette question. Par ailleurs, il faut rappeler que, malgré les multiples visites en Algérie de hauts responsables français pour expliquer l’objectif de l’UPM, il n’en demeure pas moins que les responsables restent perplexes sur certaines questions car le projet initial, présenté en 2007 par Sarkozy, tout juste après son élection, a subi pas mal de lifting. Et c’est justement ces changements qui agacent l’Algérie car n’ayant pas, de même que ses pairs arabes, été consultée. Et cette opacité concerne plusieurs questions comme la libre circulation des personnes, la présence d’Israël dans ce regroupement régional... autant de réticences qui font craindre, côté français, la défection algérienne à cette union. Les autorités algériennes, par leur position, ont réussi à imposer à la France une autre démarche, une nouvelle conduite et une autre vision. La visite effectuée, dernièrement en Algérie, par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a été une façon de clarifier les choses et d’enlever les idées noires quant aux objectifs réels de l’UPM.
A ce sujet, il est utile de rappeler qu’à la fin de sa rencontre avec le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le ministre français a déclaré: «Nous avons eu l’occasion d’éclairer un certain nombre de directions qui, à mon avis, du point de vue de la France, sont très prometteuses et j’espère que le président Bouteflika partage mon sentiment». Le ministre français a tenu à éclairer les zones d’ombre qui entourent le projet en expliquant, tout d’abord, que le projet d’Union pour la Méditerranée sera différent du processus de Barcelone ou encore en évoquant, lors de sa discussion avec M. Bouteflika, la place de l’Algérie et de la rive sud de la Méditerranée dans ce nouveau projet. L’Algérie ne peut s’engager aveuglément dans un projet où les tenants et aboutissants ne sont pas connus pour l’heure, expliquent des responsables algériens à ce sujet. Aussi les autorités algériennes disent que rien ne semble acquis du moment que le président de la République n’a pas encore annoncé la décision de participer ou non au sommet de l’UPM qui se tiendra le 13 juillet prochain à Paris. Il reste beaucoup de travail aux dirigeants français afin de convaincre l’Algérie du bien-fondé du projet.
Samira Illoul
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com