
L'orchestre arabe de Barcelone s'est produit, samedi dernier, à la salle Ibn Khaldoun d'Alger avec une série de titres tirés de son troisième album intitulé Libertad.Sous la houlette du violoniste marocain Mohamed Solimane, les sept musiciens composant l'orchestre ont suscité une ambiance festive et métissée allant des musiques populaires maghrébines au jazz et en passant par le flamenco et le tango. Composé de musiciens maghrébins et espagnols, l'orchestre nous a proposé une traversée de la Méditerranée en musique avec le chanteur Mohamed Bout Ayoub qui affichait peut-être de faux airs du chanteur irakien Kadhem Essaher mais possède un vrai talent doublé d'une technique impressionnante.Sur une musique enlevée et dansante faite de rythmes latino-orientaux, Bout Ayoub a chanté des textes d'inspiration mystique. Une mystique d'amour inspirée du soufisme, illustrée par le titre Ahl el hawa (Les passionnées) qui joue sur l'ambiguïté entre la passion terrestre et celle divine.L'orchestre a multiplié les chansons à textes spirituels comme Taâdjebni el goulsa fi byout Allah (J'aime la séance dans les maisons d'Allah) ou encore Allahou Allah qui a donné à ce concert des allures de prière collective. «Une prière universelle qui n'a aucune couleur et encore moins une religion», précise Mohamed Solimane, le violoniste et leader de l'orchestre. Le versant ibérique du groupe n'était pas en reste avec plusieurs compositions chantées en catalan, une façon pour le groupe de prôner l'amitié entre les peuples, précise encore Solimane.Ce dernier n'a pas manqué de rendre hommage à la résistance et à la souffrance du peuple palestinien mourant sous les bombes israéliennes. Le chanteur a entonné la chanson El Qods dont le texte pleure le sort tragique de Jérusalem. Malgré l'absence du qanoun et d'autres instruments acoustiques, remplacés par deux synthétiseurs, l'orchestre a tenté de déployer la riche palette musicale arabe.Faute de se délecter de la sonorité des instruments authentiques, le public a eu droit à des rythmes dansants, marqués par les battements du batteur et les improvisations à la derbouka. La cadence est allée crescendo pour finir sur des rythmes gnaouis, clôturant ainsi ce tour d'horizon des musiques du Maghreb et d'ailleurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Bouchakour
Source : www.elwatan.com