
Projection - Le coup d'envoi de la 4e édition du Festival international du cinéma d'Alger a été donné, jeudi, à la salle El-Mougar.L'ouverture de cette manifestation ? un rendez-vous entièrement dédié aux films engagés ? a été marquée par la projection en compétition de Ombline, un long métrage de fiction, réalisé par le jeune cinéaste français Stéphane Cazes.C'est l'histoire de Ombline, une jeune femme de vingt ans, condamnée à trois ans de prison, et ce, suite à une violente agression. Le film raconte son incarcération. En prison, elle donne naissance à un bébé, Lucas.L'accent est mis sur les bouleversements qu'opère la naissance de Lucas sur la vie, le comportement et la personnalité de sa mère, Ombeline, à qui la loi n'accorde que 18 mois avant de placer son enfant dans une famille d'accueil. Les rapports mère-enfant sur lesquels se focalise le réalisateur deviennent un privilège en prison, la jeune mère se doit d'afficher une conduite irréprochable pour pouvoir garder le landau de son fils dans sa cellule, l'allaiter ou profiter de la nursery. S'exprimant sur son film, Stéphane Cazes a déclaré, hier, lors d'une conférence de presse, que l'idée de réaliser un film sur cette thématique remonte à dix ans. A l'époque, il était étudiant à l'école de cinéma. Tout commence alors lorsqu'il voulait réaliser un court métrage sur ce sujet. «En me documentant, j'ai fini par constater que le sujet ne pouvait pas être traité sous le format court métrage. J'ai décidé donc d'en faire un long métrage», a-t-il expliqué. Pour les besoins du film, Stéphane Cazes, qui a confié avoir mis sept ans pour écrire son scénario, période à laquelle s'ajoute le temps qu'a nécessité la réalisation du film, a dû s'immerger dans le milieu carcéral.«J'ai travaillé bénévolement dans la prison, j'ai fait de la sociologie pour comprendre ce genre de situation», a-t-il relevé, et de renchérir : «Mon film est du vécu, je n'ai rien inventé. Il est essentiellement basé sur des témoignages. Ce sont d'ailleurs les femmes que j'ai rencontrées en prison qui m'ont inspiré les personnages du film. J'ai travaillé en prison pour écrire le scénario. J'ai puisé mon inspiration dans des faits réels.» A la question de savoir pour quelle raison il a choisi le format fiction plutôt que le format documentaire, Stéphane Cazes a répondu : «Il y a beaucoup de documentaires qui ont traité cette thématique, sauf que dans ce format, celui du documentaire, le point de vue vient seulement de l'extérieur, alors pour approcher pleinement la réalité et donc avoir un point de vue de l'intérieur, plus immédiat, il était intéressant et préférable de faire une fiction.»- Ombline est un film engagé, son engagement relève de l'ordre social. «Faire ce film est un engagement pour moi», a dit le réalisateur, et d'abonder : «En travaillant sur ce film, j'ai essayé d'enlever les préjugés sur les personnes détenues et la prison. J'aimerais que le public vive ce que j'ai vécu moi-même et découvre la réalité du milieu carcéral, et que ça casse les préjugés.» Selon lui, le film pose de nombreuses questions : sur le sens de la sentence, à savoir lorsqu'un détenu sort de prison, sort-il meilleur que lorsqu'il y est rentré, a-t-il racheté une conduite, quel impact de la prison sur les enfants, arrive-t-on à remédier aux problèmes qui existent en prison... Autant d'interrogations soulevées dans le film, celui-ci suscite un réel débat, sachant que le sujet est d'actualité, universel. Toutes les sociétés sont concernées. «Je ne veux pas donner de réponse, dire aux gens ce qu'ils doivent en penser, mais je veux mettre le doigt sur des événements qui sont réalistes, événements problématiques : montrer la surpopulation, l'analphabétisme dans les prisons... En fait, mon intention est d'inciter le public à réfléchir sur ces questions», a-t-il suggéré. C'est ainsi que Stéphane Cazes a expliqué que son but à travers ce film est de «faire passer un message de tolérance, malgré la complexité du sujet traité, et de porter à l'écran tout ce qui m'a marqué dans ce milieu».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com