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FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINEMA D'ALGER 2011 Le film engagé au service de l'humanisme



C'est aujourd'hui, à 19h, que le Festival international du cinéma d'Alger sera ouvert officiellement. Le film De Gaulle et la bombe, de l'Algéro-français Larbi Benchika, inaugurera cette manifestation qu'héberge la Cinémathèque d'Alger jusqu'au 5 décembre prochain.
Cette première projection, suivie d'un débat en présence du réalisateur, donne déjà une image de ce que seront ces «journées du film engagé». Le reste du programme a été communiqué aux journalistes lors de la conférence de presse organisée dimanche dernier à la Cinémathèque. A cette occasion, Mme Zahira Yahi, commissaire du festival, et Ahmed Bédjaoui, son président d'honneur, ont souligné que «la programmation a obéi à des critères d'excellence». Ainsi, «le principal critère qui a présidé au choix du réalisateur invité est la qualité. Nous avons donc été sélectifs tout en donnant le sens d'engagement à l'engagement tout court. Cela signifie défendre des idées, des principes, une éthique... dans n'importe quel domaine et pas seulement politique». Les films projetés, qu'ils soient des longs ou des courts métrages, englobent par conséquent une thématique variée et d'une brûlante actualité (problèmes humains, environnement, protection de l'enfance, crise du capitalisme ultra-libéral...). En ces temps de crises multiformes, de conflits et d'incertitudes, il y a une tendance universelle à revenir aux valeurs humaines, à l'amour de l'autre... A ce titre, les organisateurs rappellent que les films au programme participent de ce «combat en faveur d'un mieux-être, dans tous les domaines». En tout, 18 films seront projetés (dont 10 courts métrages), avec des séances à 15h, 17h et 19h quotidiennement. Par ailleurs, chaque réalisateur présent sera mis d'abord en contact avec la presse à partir de 11h (la première rencontre est prévue avec Larbi Benchika, aujourd'hui). Parmi les longs métrages au programme, les films Commandante et Persona non grata d'Oliver Stone. Le célèbre cinéaste américain ne sera pas présent en raison d'un agenda chargé, mais il est quand même venu à Alger en prévision du festival. Autre absent de marque, Rachid Bouchareb qui prépare un film en prévision de la Biennale de Berlin. Ce sera d'ailleurs Poussière de vie, un film où Rachid Bouchareb défend les enfants du Vietnam, qui est programmé pour la clôture officielle de ces journées, le 5 décembre à 19h. Mais il y aura aussi South of the border. Quant aux réalisateurs qui honoreront de leur présence le festival et présenteront leur film, on peut citer le cinéaste belge Pierre Yves Vanderweed pour Territoire perdu, la grosse pointure du cinéma noir américain, en l'occurrence Charles Burnett, auteur de Namibia, ou encore Philippe Diaz avec La fin de la pauvreté et Jacques Sarasin qui présente Ecuador. «Nous avons même été à deux doigts d'avoir le dernier film de Jean-Luc Goldard. Ce sera peut-être pour l'année prochaine», confie Ahmed Bedjaoui. Et celui-ci d'insister sur «la qualité extraordinaire des deux focus sur le cinéma palestinien ». Les courts métrages qui composent chacun des focus ont été réalisés par des Palestiniennes. Elles évoquent notamment la double oppression que subit la femme palestinienne, à la fois victime de l'occupant israélien et des hommes (les siens). Sur ce dernier point, il y aura également un débat avec l'une des réalisatrices. Pour les organisateurs, l'objectif de ce festival dédié au film engagé c'est avant tout de favoriser des échanges, de redonner à la Cinémathèque sa vocation de lieu de rencontres et de découvertes. Précisément, il s'agit bien ici d'un cinéma d'excellence qui peut l'aider à renouer avec ses traditions. Bien sûr, «ce ne sont là que des journées, sans prétention aucune, organisées aux fins de roder la formule», rappellent les organisateurs. «Un tel festival, fort modeste au demeurant, ne prétend ni au luxe ni aux paillettes. Tous ceux qui nous ont aidés travaillent d'ailleurs à titre de bénévoles et nous les en remercions. Quant aux participants, il sont uniquement présents à titre individuel, et non pas des pays», souligne Ahmed Bedjaoui. L'idée elle-même d'initier un festival du film engagé ayant germé en 2009, à l'occasion du Panaf, le projet a fait son chemin depuis. Désormais, il faut penser à roder la formule, ne plus se contenter de faire avec les moyens du bord, comme cette année. Aussi, le commissariat du festival envisage l'organisation d'une manifestation cinématographique d'une autre dimension en 2012, c'est-à-dire un véritable festival international. Et là, une grande part sera notamment accordée aux films algériens, la célébration du cinquantenaire de l'Indépendance promettant une belle cuvée.
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