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Festival de berlin : Qui a vu l'Ours d'or arabe ' Culture : les autres articles



Festival de berlin : Qui a vu l'Ours d'or arabe ' Culture : les autres articles
Le ciel est sombre, la neige tombe, le thermomètre chute, s'il faut décerner des éloges, à la Berlinale, c'est au film d'Alain Gomis, Aujourd'hui, tourné à Dakar et qui a coûté seulement 800 000 euros, sur un homme qui se risque le matin dehors et qui sait que c'est le dernier jour de sa vie, et au film de Tony Gatlif Indignados, un opus vibrant de fureur contre les nantis, les banquiers, les repus, alors que dehors, par un froid polaire, des hommes et des femmes de la riche Europe et de l'opulante Amérique dorment chaque nuit dehors et sont retrouvés raides morts le lendemain matin.Les choses vont bon train à Berlin et ce festival existe parce que beaucoup de films sont là : les Américains déambulent dans le marché du film et fourgent leurs productions au monde entier. En veux-tu, en voilà
C'est comme les camions bourrés de légumes qui sillonnent les rues d'Alger : batata ! zroudia !
Bref, ça baigne pour les Allemands. Ils ont plein d'imagination et font beaucoup de discours. Une inflation de mots. Dieter Kosslick, le directeur de la Berlinale, n'arrête pas de dire que sa manifestation célèbre le Printemps arabe ! Rien n'est plus exagéré. Personne d'ailleurs ne croit sérieusement Kosslick, parce que la section officielle (Ours d'or) n'accorde pas l'ombre d'une chance à un cinéaste arabe. Dans la section des hommages, c'est pareil. Un Ours d'or arabe à Berlin, faut pas rêver !
Quelques films, des docus égyptiens sur Tahrir, figurent bien dans le programme, mais sont enfouis dans un ghetto calamiteux, loin des regards. Et comme pour fausser un éventuel hommage aux jeunes de Tahrir et de l'avenue Bourguiba, on a cru bon d'amener Tahar Ben Jelloun, sorti de sa coquille tangéroise où il ne se passe ja
* Images & Compléments
mais rien.
Berlin n'est pas seul dans ce cas. Plusieurs festivals ont déjà fait semblant d'évoquer le Printemps arabe. C'est devenu très snob, un engouement chic ! Bientôt, on verra dans les productions de Walt Disney camper des personnages sur fond de Printemps arabe !
Bref, les discours, à Berlin et ailleurs, sur le Printemps arabe, dominés certes par la gentillesse, devraient aller jusqu'au bout et ne pas s'arrêter à l'heure de la sélection officielle des films. Au lieu des déclarations insistantes, fracassantes de Kosslick cette année, le directeur de la Berlinale aurait mieux fait de montrer dans la compétition pour l'Ours d'or 2012, à la place de la mièvrerie française Les Adieux à la reine, le dernier film de Merzak Allouache, Normal, un travail sincère, intelligent, émouvant, qui laisse une impression très forte et montre bien comment tout a commencé dans le fameux Printemps arabe.
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