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Faut-il s'inquiéter '



Les syndicalistes relevant de l'éducation nationale sont de plus en plus nombreux à alerter sur la baisse du niveau scolaire des élèves algériens. Cette « déroute » se traduit sur le terrain par un taux élevé de cas de doublement des élèves, notamment au collège. Des pédagogues et partenaires sociaux du secteur, dont le syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef), établissent un état des lieux pour le moins préoccupant, dans la mesure où il est aujourd'hui évident que les élèves maîtrisent de moins en moins les fondamentaux des matières dites « essentielles ».Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - C'est un constat que partagent la majorité des syndicats et pédagogues interrogés à ce sujet. Ces derniers mettent en cause, entre autres, l'instauration de la note minimale de passage aux cycles supérieurs, soit 4/10 du primaire au collège, et 9/20 du collège au lycée.
Le président du Satef Boualem Amoura avance que cette disposition s'est révélée de façon instantanée « contreproductive » pour l'école. Bien que le fruit d'un contexte sanitaire peu habituel, ses effets n'ont pas tardé à se manifester sur le terrain. Il constate que cette mesure a accentué, d'une certaine manière, un malaise qui existait déjà bien avant la Covid.
En se fiant à des échantillons qu'il a récoltés auprès de quelques établissements scolaires, Boualem Amoura indique que « dans les classes de 2e année moyenne, seul un tiers des élèves ont pu obtenir la moyenne dans les compositions ». Il a dans le même registre souligné que l'échantillon « révèle que dans les classes du pallier moyen, le taux des élèves ayant doublé leur année se situe à 70% », a-t-il expliqué. Il y a lieu de souligner que ces chiffres ne sont pas officiels, mais reflètent, selon le SG du Satef, « le vrai niveau scolaire des élèves algériens ».
Il regrette d'ailleurs qu'il n'existe, à ce jour, aucune évaluation ou statistiques réelles qui permettraient de connaître l'ampleur du fléau. Il relève, cependant, que le ministre de l'Education nationale a initié une évaluation sur l'élaboration des sujets du bac puis du BEM. « Un bon début », dira-t-il, en ajoutant qu'on ne parviendra à un vrai changement que « s'il y a refonte du sytème éducatif ».
Un point sur lequel le pédagogue Nacer Stiti rebondira. Celui-ci rejette le maintien du passage d'un cycle à un autre avec une moyenne de 4/10 ou 9/20. « Cette décision se répercute dangereusement sur le niveau des élèves du palier moyen jusqu'à l'université », prévient-il, en avançant que le taux de redoublement est de plus en plus élevé, sans pour autant donner un chiffre précis. « Pour espérer avoir de la crédibilité, l'école algérienne se doit d'avoir certaines exigences », insiste-t-il.
Notre interlocuteur signale que comme en atteste ce bilan, « la régression du niveau des élèves est de plus en plus prononcée ». Outre les circonstances sanitaires et un certain nombre de décisions « discutables », le pédagogue met également en cause le système de notation appliqué et l'obsession du classement qui, selon lui, n'a pas contribué à relever le niveau.
D'autres syndicalistes du Conseil national des lycées d'Algérie confirment ce constat et appellent la tutelle à ouvrir un dossier pour traiter cette question. Encore faut-il associer les partenaires sociaux et « prendre en compte leurs propositions et tenter d'arriver à un consensus entre toutes les parties impliquées ».
La refonte de l'école est une urgence, insistent-ils, car ils estiment que la situation est certes alarmante, mais pas totalement « désespérée ». Du moins, si « on met en place les moyens nécessaires à une refonte totale de notre système scolaire ».
M. Z.
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