Alger - Farid Bey Sifaoui

Farid Bey Sifaoui, parcours d'une étoile filante.

(1918-1949). Auteur, compositeur et chef d’orchestre.

Né le 7 Septembre 1918 à Belcourt (Alger) où son père tenait une boulangerie. S’intéressa dès son plus jeune âge à la musique à laquelle l’encourageaient les relations paternelles, les voisins aussi dont beaucoup étaient musiciens. Et le soir à l’heure creuse des boulangers, avant de préparer le four pour le pain du matin, on se réunissait en petit comité pour s’adonner à l’amour de la musique. Cet amour devint la raison de vivre de Farid Bey qui, adolescent n’en abandonna pas pour autant ses anciennes relations qu’il appela pour monter un orchestre. Il n’avait pas vingt ans. Il fut aidé par Amédée Cabanel qui lui apprit le solfège en même temps qu’à son fils qui devait devenir, par la suite, le pianiste Menou Skander, de l’orchestre Farid Bey. Armés de leur enthousiasme, les jeunes artistes firent une tournée à travers l’Algérie. La réalité devait leur réserver des déboires que la plupart des artistes Algériens ont connus à leurs débuts : Une salle vide et l’orchestre incomplet. Pour palier l’inconvénient dû à la défection des musiciens, Farid Bey chercha à s’appuyer sur les valeurs sûres en choisissant parmi ses élèves ceux qui lui semblaient doués et animés du désir de s’instruire ; il entreprit dès lors un énorme travail de sélection qui lui permit de découvrir, entre autres, Abderrahmane Aziz, Leïla Fouad, Hassiba Rachidi, qui l’accompagna en Algérie à son retour de Tunisie. Au cours de sa courte vie –il devait s’éteindre à 38 ans- Farid Bey, fut le fondateur en Algérie, du premier orchestre de musique moderne, capable de rivaliser avec ceux de l’étranger où il était très côté. Il introduisit divers rythmes, dont le Tango, la Valse, le Paso-doble et même le Swing qui eut son succès. Toutefois l’intérêt de son œuvre réside dans le fait qu’il créa un rythme très apparenté à celui du Jazz qui se cherchait encore à l’époque et qui n’était pas vraiment du Jazz. Soupçonné à l’époque de faire partie du mouvement nationaliste, il fait l’objet d’une enquête policière. Malgré cela, il organise une tournée triomphale. Il donnera notamment au Majestic, des soirées inoubliables qui feront connaître la musique moderne en Algérie à travers « Ya Taïr Al Hana », « Ya Sayguine El Bel » (Tango) et surtout son plus grand succès « Zine Mlekni Zada ». Mais il est obligé de fuir. Il embarque pour la France et tout naturellement en vient à fréquenter les milieux artistiques. Déjà la maladie le talonne, son cœur faible risque de le lâcher à tout moment. Sollicité par les Américains qui veulent le faire enregistrer aux Etats-Unis, il s’envole à destination de New York. Mais en cours de vol, il subit une grave crise cardiaque. Quelque temps après il décèdera à l’hôpital Mustapha le 30 Juin 1949.

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