Image - En voilà un qui, à l'aide de sa canne, tâtonne un vide-ordures jonché de sacs-poubelles pour en sonder le contenu.
«Nous sommes régulièrement sollicités par des nécessiteux qui nous réclament des légumes gratuitement. Dernièrement, une femme avec sa fille, n'ayant pas l'air d'être de ces mendiants escrocs qu'on voit de nos jours, m'a demandé un concombre. Les autres jours, on peut se contenter de pain et d'une soupe.
Durant le ramadan, on a besoin d'embellir un peu sa table, ce qui est difficile pour les familles démunies», nous dit un marchand. Et d'ajouter : «A 16 heures, l'heure de fermeture du marché, on offre nos invendus aux pauvres.» C'est aussi l'heure où des gens se ruent sur la benne à ordures du marché pour sauver quelques légumes potables ou un poulet pas trop avarié, comme le soutient notre jeune vendeur. C'est même devenu une image fréquente : ces scènes insoutenables d'hommes et de femmes qui viennent «faire leur marché» en furetant dans les dépotoirs attenant aux halles de fruits et légumes à la recherche de quelque déchet végétal à se mettre sous la dent. En voilà un qui, de sa canne, tâtonne un vide-ordures jonché de sacs-poubelles pour en sonder le contenu.
Près des cités alentour, les poubelles sont pleines à craquer et les détritus envahissent les trottoirs. C'est une autre image récurrente du paysage ramadanesque : celle de l'abondance vulgaire, du gâchis et du gaspillage indécent qui font systématiquement pendant aux couffins vides et aux ventres creux. Deux Alger dans une même galère.
Pour notre interlocuteur, c'est la «lahfa», la voracité qui fait exploser la mercuriale durant le ramadan. «L'autre jour, j'ai vu une foule courir derrière un vendeur de diouls, vous vous rendez compte ' », dit-il avant de nous confier :
«Il m'est arrivé de vendre plus cher que mes camarades, et précisément parce que c'est cher, les gens venaient acheter chez moi, concluant que ma marchandise est de meilleure qualité... ». Halte devant un vendeur de volailles. «Les affaires marchent moins», dit-il. «Le prix du poulet a augmenté en raison de l'envolée des prix des aliments des volailles et les Algériens n'ont plus les moyens d'acheter la viande comme avant», ajoute-t-il. Son voisin abonde dans le même sens : «Avant, les abats de volaille finissaient dans la poubelle. Aujourd'hui, tout se vend. Le cou est à 40 ou 50 DA, et les gens achètent.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R K
Source : www.infosoir.com