Escalade - La dernière sortie du président de la Fédération libyenne de football (LFF), Meftah Kouidir indique qu'on se dirige tout droit vers un bras de fer avec les responsables du football algérien.
Le président de la Fédération libyenne de football, Meftah Kouidir, a révélé que le bureau exécutif de l'instance qu'il dirige a décidé de boycotter toutes les rencontres qui se dérouleront sur le sol algérien, que ce soit en amical ou en match officiel, et ce, jusqu'à une date indéterminée. D'ailleurs, il indiquera que sa fédération a transmis une demande officielle à la CAF pour délocaliser le match aller entrant dans le cadre des éliminatoires du Chan-2013, prévu entre le 21 et le 23 juin prochain dans un pays neutre. La raison ' On la devine : la dernière confrontation entre les sélections des deux pays qui a eu lieu au stade Mustapha-Tchaker de Blida, en éliminatoires de la CAN-2013 (victoire des Verts 2-0). En effet, Meftah Kouidir estime que la Fédération algérienne de football n'a pas présenté d'excuses officielles suite aux «incidents» dont a fait l'objet la sélection libyenne à travers le comportement d'une partie du public du stade Tchaker. Selon Kouidir, les supporters algériens ont non seulement sifflé l'hymne national de son pays, mais ils n'ont pas hésité à traiter les joueurs de «rats» tout en glorifiant l'ancien dictateur de la Jamahiriya, Mouâamar Kadhafi. Le 14 octobre dernier, faut-il le rappeler, les joueurs libyens avaient arrêté la rencontre en seconde mi-temps et voulaient quitter le terrain sous l'injonction du ministre des Sports Fethi Terbal, avant que les officiels algériens n'interviennent et calment les esprits. Cependant, les Libyens ont gardé rancune, après que certains d'entre eux se sont attaqués à l'ambassade d'Algérie à Tripoli pour brûler l'emblème national ! Ne s'arrêtant pas là et joignant le geste à la décision, la Fédération libyenne refuse de prendre part au tournoi de l'Unaf de la catégorie des U19 qui se tiendra à Alger du 7 au 13 de ce mois, et ce, en signe de protestation et comme premier acte d'un début des hostilités. Le patron du ballon rond libyen a expliqué qu'un dossier est déposé sur le bureau de la commission de discipline de la CAF dans le but de sanctionner le public algérien et donc de la fédération algérienne qui, au fond, n'est pas responsable de l'attitude de quelques supporters qui se seraient mal comportés envers nos hôtes. Ainsi, la Fédération libyenne brandit la menace de ne pas jouer le match aller des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations réservée aux joueurs locaux et se dit prête à prendre d'autres dispositions si la CAF ne donne pas une suite favorable à sa requête, oubliant au passage les règlements de l'instance africaine en cas de forfait et les motifs avancés qui ne tiennent pas vraiment la route. On se souvient que plusieurs jours avant la rencontre de Tchaker, le président Mohamed Raouraoua et le sélectionneur national Vahid Halilhodzic avaient redoublé de sorties médiatiques pour sensibiliser le public algérien vis-à-vis de la délégation libyenne qui a été reçue avec les honneurs et des fleurs s'il vous plaît ! Toute cette attention n'a pas suffi aux yeux des Libyens qui n'arrivent pas à faire la part des choses, soit entre ce qui se passe sur le rectangle vert, dans les coulisses, chez les officiels et dans les tribunes. Dans ce dernier lieu, le risque de dérapage est toujours présent et pas seulement en Algérie. Les Libyens doivent le comprendre et ne pas en faire un mélodrame.
Le carton rouge
«Des imbéciles, il y en a partout»
Ils peuvent être merveilleux et exaltants au point d'être les meilleurs au monde, comme ils sont capables du pire, celui de montrer le visage hideux du revers de la médaille. Eux, ce sont les supporters des Verts, ou du moins une frange d'entre eux qui, lors du match retour contre la Libye au stade Mustapha-Tchaker ont eu un comportement odieux envers nos voisins au point qu'ils ont failli faire capoter la rencontre et pousser au dérapage une situation déjà fragilisée par la manche aller à Casablanca et surtout une atmosphère politique confuse depuis les événements qui ont eu lieu dans ce pays après le renversement du régime de Kadhafi. Pourtant, toute une campagne de sensibilisation a été déclenchée plusieurs jours avant ce rendez-vous pour éviter toute provocation de l'adversaire libyen, sachant, d'un côté qu'à l'aller il y a eu surchauffe en fin de partie, et que de l'autre certaines tribunes algériennes avaient affiché leur «sympathie» pour l'ancien homme puissant de la Jamahiriya. Mais cela n'a pas suffi à faire taire les oiseaux de mauvais augure qui n'ont pas hésité à siffler l'hymne national libyen, malgré les multiples appels de Vahid Halilhodzic lors de ses sorties médiatiques d'avant-match, avant que des insultes ne fusent des gradins en furie, traitant les joueurs libyens de «rats» et d'autres qualificatifs. Une attitude condamnable à plus d'un titre qui a été, malheureusement, minimisée par la suite par les officiels algériens, comme si l'essentiel était de gagner ce match de foot et de se qualifier à la prochaine CAN-2013, et que le reste n'était qu'accessoire. Mais pourquoi en est-on arrivé là ' Le fait est, comme on l'a à maintes reprises déploré, il n'y a aucune volonté forte, sérieuse et sincère pour éradiquer toutes les formes de violence dans nos stades de football. Les propos obscènes et déplacés à l'endroit de nos hôtes sont des actes plus que condamnables, car ils ternissent l'image de l'Algérie et des Algériens. Ces attitudes qui ne datent pas d'aujourd'hui ' siffler l'hymne national des adversaires des Verts est devenu, malheureusement, un rituel à chaque rencontre ' sont inquiétantes et doivent être prises en charge sérieusement par les pouvoirs publics. Les imbéciles sont évidemment partout, puisque d'autres sont allés brûler le drapeau algérien du côté de notre représentation diplomatique à Tripoli. Dans l'affaire, l'Algérie du football est perdante puisque ses stades deviennent de plus en plus infréquentables, puisque même avant le match face à la Libye et après, des échauffourées ont eu lieu, soit à cause des billets ou en provoquant le service d'ordre. La population qui fréquente de nos jours les différents stades du pays a complètement changé et est composée de la frange née dans les années 80-90 qui a ouvert les yeux sur l'une des périodes les plus violentes qu'aura vécue l'Algérie ; d'où la nécessité d'une mobilisation de tout le monde, (pouvoirs publics, instances du football, dirigeants, acteurs du football, médias, société civile...) pour combattre ce fléau qui dénature la pratique elle-même du sport et des valeurs qu'il véhicule.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Salah Bey
Source : www.infosoir.com