Une enquête réalisée par la cellule de lutte contre la corruption de la ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) indique que 88 % des Algériens ne font pas confiance à la justice. Près de la moitié des personnes sondées pensent qu'il est plus utile de saisir la presse et les associations que la justice des cas de corruption dont ils ont connaissance.
La justice algérienne a un sérieux problème de crédibilité. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH). 1600 personnes répartis sur 24 wilayas ont été invitées à donner des réponses à 9 questions portant sur la lutte contre la corruption. Dans la question 6, il a été demandé aux citoyens s'ils se sentaient protégés dans le cas où ils seraient appelés à témoigner devant la justice dans une affaire de corruption. L'écrasante majoirté, soit 88 %, ont répondu par la négative. Le président de la Laddh, Mustapha Bouchachi ne s'en étonne pas, la justice algérienne n'étant pas indépendante. « La justice de notre pays est un instrument entre les mains du pouvoir en place. C'est pour cela que les citoyens ne lui font pas confiance », a-t-il expliqué lors d'un point de presse organisé aujourd'hui mardi au siège de la Ligue à Alger. Le SG de la LADDH, Moumene Khelil, a cité en ce sens le cas d'un cadre qui a osé dénoncer une affaire de malversation au sein de la société Sonelgaz. « Le dénonciateur a été licencié depuis 3 ans et pendant tout ce temps, le procureur de la République n'a pas fait avancer l'enquête », a-t-il indiqué. Le sondage de la Ligue de défense des droits de l'Homme, fait ressortir, aussi, que 85 % des personnes interrogées considèrent que « les hauts fonctionnaires bénéficient de l'immunité » et qu'il ne sert donc à rien de les dénoncer.
La presse et les associations plutôt que la justice
Cette tendance est confirmée par les réponses données à la question 4 où 46.1 % disent préférer la dénonciation des cas de corruption et de dilapidation des deniers publics par saisine de l'opinion publique à travers la presse et le mouvement associatif. En revanche 36.8 % des interrogés se disent en faveur d'une saisine de la justice. Le reste des personnes sondées estime plus judicieux de porter les affaires de corruption aux autorités administratives concernées. Moumene Khelil a indiqué que la Laddh est en possession de 6 dossiers de corruption déposés par des citoyens. La Ligue compte bien passer à l'action est saisir la justice. « Nous attendons de convaincre les dénonciateurs de témoigner dans ces affaires ». Mustapha Bouchachi a indiqué par ailleurs, que Laadh pourrait saisir les instances internationales dans les cas de violation des Droits de l'homme en Algérie. « L'Etat algérien a paraphé des conventions internationales en vertu desquelles il est permis aux Algériens, qu'ils soient individus ou organisations de la société civile, de faire appel à des instances internationales », a expliqué Bouchachi. Plus de 56 % de personnes composant l'échantillon aléatoire de cette enquête sont âgées entre 18 et 40 ans. Dans la variable niveau d'instruction il est fait état que 70 % des individus ayant accepté de remplir le questionnaire de Laddh, ont fait des études universitaires.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info