La justice britannique statuera le 29 août
La justice britannique statuera sur la demande d’extradition de Rafik Khalifa formulée par la France le 29 août prochain. C’est ce que rapporte l’AFP qui souligne que les avocats de l’ancien golden boy s’y opposent en arguant qu’il n’y est pas formellement poursuivi.
En tout cas, la décision a été prise à l’issue de l’audience devant le tribunal de Westminster à Londres. Le juge Anthony Evans a annoncé, en effet, la mise en délibéré de sa décision sur l’extradition au 29 août et le maintien en détention de Khalifa, déjà condamné par contumace à la réclusion à perpétuité en Algérie.
Présent dans le box des accusés, Rafik Khalifa, fine moustache et petit bouc, est apparu avec le teint blafard et les joues creusées. Il est resté silencieux tout au long de l’audience qui a duré près d’une heure trente. Khalifa, 40 ans, a été arrêté le 27 mars en Grande-Bretagne où il s’était réfugié, dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen délivré par le tribunal de grande instance de Nanterre (région parisienne). La justice française enquête sur des malversations présumées survenues au sein du groupe Khalifa dans les ex-sociétés Khalifa Airways, Antinéa Airlines et Khalifa Rent-a-Car (KRC, location de voitures), toutes enregistrées en France. C’est fin 2003 que le parquet de Nanterre a ouvert une information judiciaire pour «abus de confiance, banqueroute par détournement d’actifs, banqueroute par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée». Selon Richard Job, un de ses avocats, Rafik Khalifa ne peut être extradé comme la demande la France car il n’y est pas personnellement mis en cause. «Le tribunal doit protéger ses droits. Une personne ne peut être extradée que si elle est poursuivie, pas pour être interrogée», a-t-il affirmé, soulignant que «Khalifa n’est pas accusé en France».
L’argument a été balayé par le représentant de la justice française, Mark Summers, selon qui l’établissement d’un mandat d’arrêt par la France signifiait que la justice française entendait le poursuivre. Aucun juge français n’a entendu Rafik Khalifa en vue d’une éventuelle mise en examen car il ne se trouve pas sur le territoire français.
Mark Summers ajoute que Khalifa est soupçonné d’avoir détourné de l’argent, des titres et des actifs appartenant aux compagnies du groupe Khalifa, causant ainsi leur liquidation et le licenciement de plus de cent salariés et laissant une dette de plus de 90 millions d’euros. Trois personnes ont été mises en examen fin mai en France dans cette affaire, dont la femme de Rafik Khalifa. En Algérie, il a été reconnu coupable le 22 mars dernier d’association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux. Les autorités algériennes cherchent, d’ailleurs, elles aussi, à obtenir son extradition mais la justice britannique n’aurait pas reçu de demande d’extradition officielle. C’est du moins ce qu’ont souligné jeudi les avocats de Khalifa. D’autres sources soulignent que le Royaume-Uni ne s’opposerait pas à son extradition si des «garanties lui sont accordées», telles que la sécurité du prévenu, la présence d’ONG internationales et d’un observateur anglais lors de son procès. Ces trois conditions, qui sont actuellement examinées par les plus hautes autorités de l’Etat, seraient «en voie d’être acceptées», selon des sources qui font remarquer que ces conditions ne sont pas toutefois obligatoires mais purement facultatives.
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Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com