Alger - Revue de Presse

Extraction de sable Le gouvernement fait machine arrière



Nouveau sursis pour l?extraction du sable d?oued. Sans surprise, le Conseil des ministres a décidé dimanche dernier de proroger de deux années la période moratoire pour l?interdiction de l?extraction des matériaux alluvionnaires nécessaires à l?approvisionnement des chantiers de construction. Cette interdiction devait entrer en vigueur début septembre. Objectif: assurer l?approvisionnement des chantiers de bâtiment et de travaux publics qui commencent à manquer de sable. Les sables de carrières ne sont pas disponibles en quantités suffisantes, faute d?investissement dans le domaine. Le sable produit dans les carrières contient trop de poussière et ne répond pas aux normes de construction en vigueur dans le pays. La prorogation du moratoire sur l?extraction des matériaux alluvionnaires réjouit les entrepreneurs.Mais le gouvernement fait encore une fois preuve d?hésitation dans le traitement d?un dossier économique, ce qui ne constitue pas un bon signal en faveur du monde des affaires. «Prendre une décision et l?annuler ensuite n?est pas du tout rassurant. Au lieu de menacer de fermer les oueds et rivières, il faut encourager la production du sable de carrière», estime un chef d?entreprise qui a requis l?anonymat. En brandissant l?interdiction d?extraire les matériaux alluvionnaires, le gouvernement a réussi à poser sérieusement et brutalement le problème de l?approvisionnement de nos chantiers en matériaux de construction.Mais le contexte économique actuel, marqué par la multiplication des chantiers de construction, ne prête pas à ce genre de méthodes de communication. Le gouvernement aurait dû prendre à l?avance les mesures nécessaires pour assurer la disponibilité du sable et protéger les oueds et rivières des extractions massives, anarchiques et parfois illégales. Mais les autorités ne disposent pas de moyens de prévision et d?anticipation des problèmes économiques. La veille économique est absente. Les projets d?infrastructures ne sont pas suffisamment mûris avant leur lancement. Du jour au lendemain, l?administration algérienne s?est retrouvée obligée de gérer des projets en milliards de dollars, alors que ses moyens humains et matériels sont dérisoires.Résultat: la pénurie de sable et d?autres matériaux de construction comme le ciment blanc a fait apparition à la fin de l?été. La période a en effet connu une forte tension sur le sable, avec son corollaire de hausse des prix et de retards dans la réalisation des projets. L?approche de l?entrée en vigueur de l?interdiction d?utiliser le sable d?oued a poussé beaucoup d?entreprises à stocker d?importantes quantités de ce matériau. La décision du gouvernement d?interdire l?extraction des matériaux alluvionnaires n?a pas été suffisamment mûrie.Motivée par des considérations environnementales, cette interdiction allait créer une incroyable pénurie de sable et retarder d?importants projets lancés dans le cadre de la relance économique: le million de logements, autoroute Est-Ouest, modernisation des chemins de fer, etc. Des projets dont la livraison est prévue pour 2009, c?est-à-dire dans deux ans. Reste à savoir si cette période sera suffisante pour régler le problème de la disponibilité du sable.
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