Alger - A la une

Expression en quête de reconnaissance



Elle avait près de 100 ans. Elle était la doyenne, l'aînée, respectée par tous mais elles et ils étaient seuls à la pleurer au TNA, regrettant que la tutelle n'ait pas jugé important de les rejoindre dans ce lieu mythique.Ce théâtre, l'ancien opéra d'Alger, au passé prestigieux, qui aura écrit en lettres d'or les plus belles pages d'une histoire que l'on voudrait sans fin ! Ces murs à la séduisante réputation qui auront abrité tant de prestations qui nous ont fait rêver ! Celles qui auront tenu la dragée haute aux invitations à rompre avec une culture riche d'un héritage qui a accompagné tant de vocations. Sur la pointe des pieds et avec la discrétion propre aux âmes pétries de savoir et de modestie, la grande Nouria a rompu les amarres. Elle est allée rejoindre cet autre monde où elle repose, désormais, pour l'éternité. On ne compte plus celles et ceux qui ont fait le prestige d'une scène nourrie aux histoires joyeuses et aux drames qui ont matérialisé son parcours. Beaucoup, dont son défunt mari, Mustapha Kazdarli, ont, avant elle, déserté ce monde qui a renoncé à nourrir sa belle intelligence au profit de sombres affaires.
Un dernier tour sur des planches qui l'ont vu grandir. Un ultime salut et l'occasion d'un autre triste constat. La culture continue de souffrir de maltraitance. Il n'y a pas que la ministre Bendouda qui se dispense d'honorer la scène. Des artistes s'en vont dans un anonymat qui insulte la mémoire d'un pays détourné par les siens.
Essentiellement par une élite pourtant éduquée à la création et à la critique de cette dernière lorsqu'elle abandonne ses atours et cesse d'éclairer ou d'éblouir.
Avant d'accompagner vers sa dernière demeure la comédienne, dont on ne compte plus les engagements qui font toujours école, ses compagnons de jeu venus lui témoigner respect, reconnaissance, tendresse et admiration se sont dit outrés par l'absence, sur les lieux qui l'ont vu briller, d'une ministre de la Culture trop peu démonstratrice à l'égard du 4e art ! Un genre laissé pour compte. Un monde qui fait peu fortune et auquel sont insensibles ceux choisis pour travailler à son épanouissement.
M. B.
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