Le retour de l’enfant prodige
En ce mois du patrimoine, le Musée Ahmed Zabana rend hommage à un artiste de la ville, Tayeb Arab, en abritant, depuis hier, son exposition multiple «Destin d’encre», qui est inscrite dans le cadre de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe 2007». Ils étaient nombreux, dimanche en fin d’après-midi à la galerie du Musée Zabana pour assister à la cérémonie de vernissage de l’exposition. Les invités à l’événement, qui représentaient plusieurs générations, se comptaient parmi les artistes locaux, les jeunes étudiants des Beaux-Arts qui ne connaissaient pas l’artiste, d’anciens admirateurs et surtout d’anciens collègues du mythique journal «La République», venus saluer l’ami retrouvé et le retour de l’enfant prodige à Oran, sa ville natale, après une trentaine d’années d’exil. Tayeb Arab a ramené dans son viatique, comme pour se dédouaner d’une si longue absence, une impressionnante exposition qui récapitule l’intégralité de sa carrière artistique. La collection qui sera présentée par Mme Arlette Cazas, agent de Arab, comprend une riche sélection d’anciennes caricatures, de la période oranaise de «La République», au trait naïf mais décapant qui se gaussent des travers et des contradictions de l’époque ou d’autres dessins, tout aussi caustiques, publiés plus tard dans l’hebdomadaire «Afrique Asie» ou dans «Le club de la presse», une émission de la chaîne Beur TV en pleine guerre d’Irak, ainsi que des peintures sur toile et œuvres sur papier qui marquent le tournant de sa carrière artistique. Au fond de la galerie, une petite salle de projection improvisée, présentait un documentaire sur l’artiste au travail. Lors de la collation qui suivra la visite de l’exposition, Tayeb Arab, visiblement touché par les marques de respect et de sollicitude, aura toutes les peines à exprimer son émotion et fera la promesse de léguer de prochaines œuvres au Musée Zabana. Né à Oran en 1947, Tayeb Arab a fait ses débuts de caricaturiste au début des années soixante-dix au sein du Journal «La République», qui était francophone à l’époque, et où il exercera jusqu’en 1978. Après l’arabisation du journal, il s’installe à Alger et collabore avec les hebdomadaires «Révolution Africaine» et «Algérie-Actualités». Dès 1983, il quitte l’Algérie et s’installe à Paris et travaille pour l’hebdomadaire «Afrique-Asie». Il décide d’abandonner provisoirement la caricature pour s’adonner à la peinture. En 1986, il s’installe dans le sud de la France pour se consacrer exclusivement à sa nouvelle passion. Tayeb Arab a, à son actif, plusieurs expositions en Algérie et en France. Sa dernière exposition «Destin d’encre» a été présentée au Palais de la Culture d’Alger, du 19 mars au 17 avril, avant de rejoindre le musée Zabana d’Oran où elle se poursuivra jusqu’au 22 mai 2008.
G. Morad
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com