Alger - A la une

EXPORTATION DE PRODUITS FRAIS



EXPORTATION DE PRODUITS FRAIS
Si certains producteurs et industriels pointent du doigt la contrainte des normes pour accéder aux marchés internationaux, les experts, eux, s'accordent à dénoncer l'absence d'une politique et d'une vision pour l'exportation des produits frais.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - «Nous n'avons ni de politique d'exportation, ni de vision pour relancer l'exportation des produits frais», déplore le président de l'Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri. Pour lui, les quelques tentatives d'exportation enregistrées ces dernières années sont «marginales» et s'inscrivent dans le «bricolage».Intervenant hier, à Alger, Ali Bey Nasri rappelle que l'Europe importe près de 600 milliards de dollars par an. Un important chiffre auquel l'Algérie est étrangère. «Nous sommes absents sur le marché européen. Même les dattes, nous n'avons pas su en exporter», dit-il.Pourtant, poursuit-il, «l'Algérie possède des capacités et des richesses. Elle dispose de la précocité, la primeur, l'arrêt de saison mais tout cela se fait dans l'anarchie».Des richesses que l'Algérie est aujourd'hui sommée d'exploiter afin de relancer l'exportation des produits frais. D'ailleurs, souligne-t-il, la conjoncture financière actuelle l'impose.Selon le président de l'Anexal, la mise en place d'une vision s'impose. «Il faut connaître la demande du marché ciblé, identifier le produit agricole qui apportera la valeur ajoutée et répondre ensuite à cette demande.» Une vision qui prendra également en charge, précise-t-il, la logistique, le fret, la chaîne de froid et le réseau de distribution.Insistant sur la mise en place d'une stratégie sectorielle pour booster l'exportation des produits frais, il plaide pour la «professionnalisation», le respect des normes et la réservation de terres agricoles uniquement pour la production de produits destinés à l'exportation. «Nous avons 8,5 millions d'hectares de terres agricoles, seuls 5 millions d'hectares sont exploités et 3,5 millions ha sont en jachère», fait-il remarquer.Pour relancer l'exportation des produits frais, le chargé de la valorisation des produits agricoles à la fondation Filaha Innove, Hadj Henni, met en avant une bonne production sur les plans quantitatif et qualitatif, un label de qualité et une origine du produit (une région ou une localité du terroir ou même d'une culture industrielle).«Dans les années 1970, nous avons réuni des possibilités pour cibler trois ou quatre produits et les exporter en grande quantité. Aujourd'hui, la relance nécessite d'abord des préparatifs et des moyens humains et techniques», dit-il.Selon lui, il suffit simplement d'une bonne présentation, conservation et transformation du produit pour pouvoir s'adapter aux modalités du commerce extérieur.Il estime, toutefois, qu'une réadaptation en matière de normes s'impose. «Aujourd'hui, on nous impose une sorte de diktat mondial pour pouvoir suivre une certaine idéologie qui ne nous convient pas. Je ne crois pas vraiment à toutes ces normes de fabrication, de transformation et de production car, dans les produits frais, c'est une question de goût et d'appréciation», ajoute-t-il.De ce fait, l'expert préconise de se retourner vers l'Afrique et notamment les pays du Sahel. «Nous pourrons avoir une belle mise sur ces pays et les échanges peuvent être beaucoup plus facilités», dit-il encore.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)