S'exprimant lors d'un point de presse, en marge d'une visite de travail
effectuée jeudi dans la wilaya de Boumerdes, le ministre de la Justice, garde
des sceaux, M. Tayeb Belaiz a affirmé que le projet de code portant exercice de
la profession d'avocat «est fin prêt et sera soumis au gouvernement pour examen
mardi prochain». Le ministre a assuré que ce projet de code «introduit
d'importantes dispositions consacrées à la formation et la qualification pour
promouvoir la profession d'avocat». Avant d'être soumis au gouvernement, le projet
avait fait l'objet de plusieurs rencontres entre les responsables du ministère
et les membres du conseil national de l'Union nationale des ordres des avocats
algériens. Contacté hier, le bâtonnier national M Menad Bachir a affirmé
qu'hormis le point inhérent au nombre de mandats de bâtonnier, les réserves
émises ultérieurement sur ce projet par les représentants des avocats, ont été
levées.
Le bâtonnier national a indiqué,
que les rencontres et les discussions entre les deux parties ont permis
d'aplanir les points de discorde qui entravaient la mise en œuvre de ce nouveau
statut. Néanmoins, M. Menad a tenu à signaler que la proposition des avocats
sur le point relatif lié au nombre de mandats pour le poste de bâtonnier, n'a
pas été retenue. «Malgré cela je tiens à assurer que le projet a été accepté
par les avocats et nous attendons sa promulgation» souligne M Menad qui précise
que les discussions sur ce point de discorde restent ouvertes. «A propos du
nombre de mandats, nous comptons relancer le débat au niveau de l'APN, si bien
sûr, nous sommes autorisés à y participer» a déclaré le bâtonnier national.
Ce dernier rappelle que pour ce
nouveau projet, le ministère limite la candidature au poste de bâtonnier à deux
mandats, et que cette proposition est rejetée par les avocats qui espèrent
vraiment l'ouverture d'un débat à ce sujet au niveau de l'assemblée nationale.
Avant d'être accepté par les représentants des avocats, certains articles
contenus dans le projet, avaient soulevé une vaste protestation des robes
noires à travers le territoire national, ce qui a poussé le conseil national de
l'Union nationale des ordres des avocats, à appeler carrément à leur
suppression, notamment les articles 10 et 24. Et sur ce point, les avocats ont
eu gain de cause. L'article 10 pour rappel, stipule que le retrait d'un avocat
d'un procès est considéré comme faute grave et qu'il risque, par conséquent,
une suspension. L'article 24 quant à lui, tel qu'il était contenu dans le
projet, stipule que «lorsqu'une juridiction estime que l'avocat a failli à ses
obligations professionnelles, le procureur général en informe le bâtonnier afin
de prendre des mesures disciplinaires adéquates. Le bâtonnier peut, dans un
délai d'un mois, soit décider de classer l'affaire, soit saisir le conseil de
discipline». Mais en attendant de connaître la sanction, l'avocat mis en cause
est suspendu et n'a pas le droit d'exercer sa profession. Dernièrement M Menad
nous avait confié que certains articles du code de procédures civile et
administrative, sont en contradiction avec le nouveau statut particulier de la
profession d'avocat, d'où la nécessité d'une révision. «Effectivement, il y a
plusieurs articles en contradiction avec le statut, ce qui risque d'entraver
l'exercice de la profession. Pour cela, le législateur doit procéder à la
révision de la loi. Cela ne peut se faire sur la base d'une proposition de
l'Union nationale de l'ordre des avocats, mais d'une proposition du ministre de
la Justice».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel B
Source : www.lequotidien-oran.com