Alger - A la une

Excursion à la villa du Millénaire en un clic



En ces temps d'isolement, il suffit juste d'un clic et c'est parti pour une excursion vers le site de l'Unesco Algérie qui ouvre l'idéale fenêtre sur La Casbah d'Alger. Première escale, la villa du Millénaire sise en face du piémont d'anciens remparts de "D'zaïr Q'dima", à Bab Edjedid, dans la Haute-Casbah, et au pied de la statue de Bologhine ibn Ziri.?uvre de l'architecte français Léon Claro (1899-1991), la douera (bâtisse traditionnelle) a été bâtie au c?ur d'un jardin et à l'angle de la rue Mohamed-Azzouzi lors des festivités du tristement Centenaire de l'occupation française en 1930. Inscrite au mouvement de la sauvegarde du patrimoine de la séculaire médina que pilotait l'instituteur Henri Klein ((1864-1939), fondateur du Comité du Vieil-Alger (XIXe siècle), la villa du Centenaire devait refléter l'image de la "Maison de l'indigène" pour le visiteur en quête d'exotisme (sic).
Cela est d'autant évident, puisqu'elle a été édifiée à l'aide de l'amas de gravats récupéré des démolitions de douerat qu'avait opérées le corps du génie militaire français pour la réalisation des percées, dont la brèche du boulevard de la Victoire du 19-Mars-1960. Du reste, l'?uvre reflète l'empreinte architecturale type d'un logis de Casbadji conçu d'une s'qifa (atrium) puis d'un boudoir qui s'ouvrent sur l'ouast-eddar (cour centrale) où il y a le lot de biout (pièces) et la fontaine des lavandières qui ne ruisselle plus hélas !
Autre arrangement architectural, l'escalier par où l'on accède aux ghorfat (chambres) du foqani (étage supérieur), puis au s'tah (terrasse) d'où s'offre au visiteur l'image de l'historique distillerie du vinaigrier puis la prison de Barberousse où ont été tournés les films documentaires Serkadji (1982) de Hadj Rahim (1934-2017) et Barberousse mes s?urs (1985) de l'écrivain Hassan Bouabdallah.
Seul couac, une pâle copie d'accoudoir d'un artisan-menuisier s'est substituée à l'inégalable "darbouz" du maître charpentier d'antan autour duquel s'enroulaient le basilic et le jasmin. Mais ça ! C'était avant. Autre bémol, l'eqtais métallique qui a remplacé une colonne torsadée ne présage rien de bon pour la pérennité de la villa du Millénaire.
Pour rappel, la villa du centenaire a été rebaptisée en l'an 2000 Villa du millénaire et a abrité le siège de la direction de la culture de la wilaya d'Alger (2004). Présentement, la bâtisse abrite l'atelier technique de revitalisation de l'architecte Jean Nouvel qui devait prédestiner à la reviviscence de La Casbah, laissée depuis sans suite.
Et, entre une séance de gymnastique et une pause-café, il est loisible au confiné d'humaniser son isolement rien qu'à l'idée de se rafraîchir à l'aïn de Sidi-Ramdane, qui ruisselle à flanc de la mosquée du même nom. Au demeurant, la galerie de photos que l'on doit à Serge Maini pour l'illustration de la maison du Millénaire et à Hana Aouak pour l'image de la fontaine de Sidi Ramdane est ce guide virtuel pour trouver son chemin dans le dédale de venelles de La Casbah d'Alger. Alors, cliquez, et l'histoire s'ouvre à vous.

LOUHAL Nourreddine
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)