Il y a un an disparaissait Amar Ezzahi, le chanteur chaâbi tant aimé des petites gens et dont les chansons continuent de bercer les âmes de génération en génération. De son vrai nom Amar Aït Zaà?, le défunt a passé sa vie à la manière des grands, creusant sa gloire sans avoir d'autre objectif que de vivre avec les valeurs de son art pour lequel il a consacré sa vie avant de quitter ce monde en léguant un patrimoine artistique révélant tout son génie artistique et son humanisme débordant.La voix de l'artiste icène, né au village d'Ighil Bouammas, dans la commune d'Iboudraren, daïra de Beni-Yenni, wilaya de Tizi-Ouzou, le 1er janvier 1941, mort le 30 novembre 2016 à Alger, résonne encore à la radio, dans les cafés et les magasins et ses chansons sont fredonnées par les jeunes et les moins jeunes qui ont spontanément embrassé son art et sa condition humaine. Les amateurs de chaâbi lui concèdent volontiers le titre de chanteur populaire par excellence.
Amar Ezzahi était apprécié et aimé de tous, non seulement pour sa singularité, mais, surtout pour sa magnanimité envers les petites gens dont il a partagé les joies et les fêtes, boudant les scènes artistiques officielles auxquelles il a renoncé depuis 1987, année de son dernier concert.
Même au sommet de sa gloire, Ezzahi est resté égal à lui-même, continuant de cètoyer les gens simples, méditer le sens de la vie comme il le faisait à «Marengo», un jardin appelé à porter son nom, même symboliquement, pour rester un lieu de rencontres pour ses fans, en somme, pour tous ceux qui partagent sa philosophie humaniste.
Amar Ezzahi ou «Cheikh l'bled», comme on aimait le surnommer, a rendu l'âme à l'âge de 75 ans, après 50 ans de don et de générosité artistiques. Celui que l'on surnommait aussi «Soultan el Hawa» est devenu une légende. Dans la simplicité de l'homme se dissimulait un personnage subtil et énigmatique qui alimentait l'imaginaire populaire.
Se définissant comme «un petit chanteur populaire», Amar Ezzahi aura ainsi fait siennes, jusqu'à les incarner, les valeurs de modestie, de conscience de sa propre petitesse devant l'immensité de la création, portées par les poèmes soufis de Benmsayeb, Bensahla et d'autres auteurs. Il aura aussi incarné, pour les plus âgés tout comme pour les jeunes, le sens profond du chaâbi né dans les années 1940 et les souffrances des Algériens durant la colonisation : un art des pauvres dont il fut proche et une musique des quartiers populaires qu'il n'a jamais quittés, ces mêmes quartiers où sa voix continuera à résonner.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com