Au premier mardi après l'élection présidentielle, les étudiants donnent aujourd'hui rendez-vous pour une 43e manifestation de leur mouvement contre le système. Contactés par nos soins, des étudiants de plusieurs universités de la wilaya d'Alger et d'autres de Boumerdès nous ont assurés que "la mobilisation reste intacte, même avec l'élection de Tebboune à la tête du pays".Ils se disent aussi enclins à dénoncer certaines "personnes" ou "parties" qualifiées d'"opportunistes". Une étudiante de l'Ecole polytechnique d'Alger nous a assurés, pour sa part, qu'"il est grand temps de passer la vitesse supérieure et de ne plus se contenter juste de marcher les mardis".
Un avis partagé par une autre étudiante de l'Université de Bab Ezzouar (USTHB), tout comme d'autres étudiants de la Faculté centrale d'Alger et d'autres grandes écoles, ainsi que ceux de Boumerdès et de Boudouaou (faculté de droit).
Et pour mieux présenter leur initiative, ils ont mis en ligne depuis trois jours un communiqué explicatif révélant une liste de personnalités qui, à leurs yeux, "sont bien placées pour les représenter, autant qu'elles peuvent représenter le mouvement populaire".
Réda Doghbar, professeur en droit constitutionnel, Salim Benkhedda, professeur en médecine, Ali Ben Mohamed, ancien ministre de l'Education nationale, Sofiane Sakhri, ancien porte-parole du parti Jil Jadid de Soufiane Djilali, ou encore Amar Djidel, professeur universitaire, Abdelghani Badi, avocat, et Redouane Boudjemaa, professeur et journaliste, sont les personnes figurant sur une liste appelée à être enrichie, selon nos interlocuteurs.
"Des personnes ont été désignées comme guides et meneurs d'une initiative à même de nous permettre de nous structurer avec, pour but ultime, de constituer un collectif, une association ou un syndicat pour pouvoir intervenir efficacement, que ce soit dans le contexte actuel ou autre", nous explique-t-on, en nous présentant le texte en question.
"Chaque révolution possède ses guides et ses sages, mais elle est également confrontée à des brigands qui animent la contre-révolution et ?uvrent à dévier le hirak de sa trajectoire ou à le faire sombrer dans des luttes secondaires et le minimiser et l'éprouver en y semant suspicion et idéologies étriquées", expliquent les initiateurs de ce texte.
Et de poursuivre : "Il ne reste aux voix qui aspirent à la liberté et qui refusent la dictature que d'insister, de maintenir le caractère pacifique et de garder le cap sur ses objectifs pour lutter contre ceux qui veulent saper la révolution." Le texte qui nous est parvenu persiste et signe. "La réussite du hirak a besoin d'endurance et de sagesse. Il faut éviter de tomber dans le piège des confrontations entre les enfants d'un même pays et lutter contre les idéologies qui tuent les révolutions et les vident de leur substance.
Le pays vit une période cruciale dans l'ombre de l'obstination du pouvoir à rester dans son processus de manière unilatérale et avec la même logique de condescendance afin de consacrer la régénération du régime et l'étouffement de la volonté populaire sans prendre en compte les millions de voix qui revendiquent le changement, la liberté et la dignité", lit-on dans le document en question. Les rédacteurs du texte appellent tous les étudiants et même les hirakistes à "s'organiser et à réviser leur feuille de route afin de constituer une force dans un cadre pacifique (?)".
À la question de savoir si les étudiants sont partants pour un round de dialogue comme proposé par le nouveau président, les étudiants restent indécis : "Il faut d'abord parler de négociations et non de dialogue, et c'est une question que nous allons trancher après consultation de tous les étudiants qui doivent adhérer à cette démarche."
Nabila SaIdoun
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nabila SAIDOUN
Source : www.liberte-algerie.com