
Être étudiant et effectuer un stage pendant son cursus universitaire est une évidence. Mais finalement la réalité du terrain est toute autre. Il est presque impossible pour les étudiants de première année (dans quasiment toutes les institutions de l'enseignement supérieur), d'effectuer un stage en dehors de leurs établissements.Pour en bénéficier, l'étudiant doit apporter une autorisation de la part de l'université où il est inscrit. Seulement, pour se faire il faut être au minimum en troisième année. C'est le cas de S.M, étudiante à la Faculté des sciences de l'information et de communication de Ben-Aknoun (Université Alger 3). Voulant effectuer un stage dans un quotidien, elle devait obtenir une autorisation de l'administration de la Fac En la demandant, elle a reçu un refus catégorique. La cause ' « Vous êtes en première année et les stages ne sont pas obligatoires », telle a été la raison donnée de la part d'un agent administratif.Un « non, mais... »Contacté par la Rédaction Web de Liberté, le Dr Ahmed Fellag, vice-recteur chargé des études, explique le refus donné à l'étudiante : « avec le système LMD il n'y a pas de stage en première année ». Il a en outre ajouté : « on ne peut pas donner à l'étudiant en première, ou en deuxième année un ordre de mission (autorisation administrative à délivrer à l'organisme dans lequel les étudiants seront accueillis, ndlr), car nous considérons que l'étudiant, à ce niveau là, n'est pas prêt à effectuer un stage ». Il donnera néanmoins une précision « même si on ne leur délivre pas des autorisations, les étudiants de première année peuvent quand même effectuer ces stages ». Le problème c'est que les responsables des journaux exigent ce document pour accepter des étudiants-stagiaires.« Un étudiant doit sortir sur le terrain »Le cas de S.M n'est pas le seul. Il s'avère que dans la quasi-majorité des établissements de l'enseignement supérieur les nouveaux étudiants n'ont pas le droit d'effectuer des stages. Une situation déplorée par plusieurs universitaires. Pour un chargé de cours en marketing, à l'université Alger3, (qui a préféré garder son anonymat, à l'instar de plusieurs universitaires interrogés), « c'est anormal, l'autorisation est donnée par le service affecté à cette tâche et en général personne ne refuse sauf si c'est des stages dans des entreprises qui représentent un risque physique (bâtiment, chimie. ...) »Il a en outre évoqué un tout autre problème, « la difficulté réside dans l'entreprise qui accepte les étudiants c'est compliqué croyez moi. Mais ce n'est pas interdit, je ne comprends pas pourquoi on les bloque ! ».A.A, docteur en sociologie, est du même avis, tout en estimant qu' « un étudiant doit sortir sur le terrain et on doit même les obliger à faire des stages dès la première année, normalement c'est l'une des spécificités du système LMD ».D'ailleurs, à la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration (ENA), « les stages constituent l'une des caractéristiques dominantes de la formation dispensée à l'ENA, à la fois par leurs objectifs, leur durée, et les résultats attendus », comme indiqué dans la présentation de la formation initiale de l'ancien régime des études. (http://www.ena.dz/formations-init-stages.htm)Les stages, dans cette école sont organisés au cours de chacune des années (quatre) de formation, pour « la mise en situation professionnelle des élèves ».« L'étudiant en première année doit se concentrer sur son année théorique et sur ses examens »Quant à Lynda Goumeziane, maitre assistante à la faculté des sciences au département mathématique, de l'université Mouloud Mammeri, Tizi-Ouzou, elle ne voit pas l'intérêt qu'un étudiant en première année fasse un stage, « il doit se concentrer sur son année théorique et sur ses examens ». Elle pense également qu'un stage est « une responsabilité de l'employeur et de l'employé, et ce n'est pas aussi facile, en plus on donne la chance pour les étudiants en fin de cycle pour trouver des stages ».Absence des loisPlusieurs universitaires confirment l'absence de textes de loi qui réglementent les stages. Et les responsables des universités ne se basent finalement sur aucune base légale. Sur le journal officiel (article 4, arrêté du 25 janvier 2005), le sujet est mentionné dans ce passage « en fonction des objectifs, et tout en assurant l'acquisition par les étudiants d'une culture générale, la formation peut comprendre des éléments de pré professionnalisation, de professionnalisation, des projets individuels ou collectifs, un ou plusieurs stages, ainsi que l'apprentissage des méthodes de travail universitaire, l'utilisation des ressources documentaires et des outils informatiques, ainsi que la maîtrise des langues étrangères. » Ainsi, selon toute vraisemblance, et jusqu'à preuve du contraire, tous les étudiants ont le droit d'effectuer des stages, dès leur première année du cursus universitaire. Un droit qu'ils doivent finalement réclamer...tout au moins ceux qui veulent réellement « faire le terrain ».I.ANomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Imène AMOKRANE
Source : www.liberte-algerie.com